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Gilets jaunes: malgré les violences, pourquoi le soutien des Français ne s'effrite pas

La mobilisation des gilets jaunes samedi 22 décembre, à Paris.

La mobilisation des gilets jaunes samedi 22 décembre, à Paris. - Zakaria ABDELKAFI / AFP

Si la mobilisation des gilets jaunes s'essouffle, elle continue pourtant de rassembler avec son lot de violences hebdomadaires. Pourtant le soutien des Français au mouvement ne s'effrite pas même si la moitié d'entre eux souhaitent voir leur mode d'action changer.

Dix morts et des milliers de blessés, l’Arc de Triomphe vandalisée, des voitures brûlées, des magasins pillés, des manifestants et des membres des forces de l'ordre gravement blessés, chaque mobilisation des gilets jaunes a son lot de violences. Samedi dernier, ce sont les images de policiers à moto pris à partie par la foule après avoir lancé des grenades lacrymogènes à Paris qui ont choqué. Pourtant, le soutien des Français au mouvement ne faiblit pas.

Selon les derniers sondages, environ 7 Français sur 10 soutiennent les gilets jaunes: "Ce qui a changé notamment depuis les images de l’Arc de Triomphe et singulièrement depuis les annonces d’Emmanuel Macron, c’est le soutien au mode d’action", explique sur notre antenne l’éditorialiste politique Laurent Neumann ce lundi.

Un mouvement divisé entre modérés et radicaux

"Il y a désormais un Français sur deux qui continue de soutenir le mode d’action des gilets jaunes et un Français sur deux qui souhaite que cela s’arrête", précise-t-il.

"Est-ce que les gilets jaunes vont changer de mode d’action à l’occasion des trêves de fin d’année? Rien n’est moins sûr car le mouvement est divisé entre radicaux et modérés. Certains veulent des modes d’action différents plus proche de l’esprit de Noël tandis que d’autres appellent à manifester sur les Champs-Elysées le soir de la Saint-Sylvestre. Et l'on sait que chaque mobilisation sur les Champs-Elysées est émaillée par des violences", ajoute Laurent Neumann.

Les fêtes de Noël, un léger répit pour le gouvernement ?

À défaut de trêve le gouvernement va peut-être avoir un peu de répit alors que la mobilisation s'essouffle et que la période des fêtes de Noël commence dès ce soir. Mais l'exécutif reste mobilisé. Lundi matin, Edouard Philippe s’est rendu à la préfecture de police de Paris où il a rencontré des membres de la compagnie de sécurisation et d’intervention de la préfecture, dont font partie les motards filmés lors de l’altercation de samedi.

Du côté des gilets jaunes on déplore ces violences tout en appelant à éviter l'amalgame: "Ce mouvement social a ses horreurs qui viennent le salir", a pour sa part estimé Benjamin Cauchy porte-parole des gilets jaunes libres, regrettant que des extrémistes viennent "polluer" leur message. "C’est caricaturer les gilets jaunes que de les réduire à ça. C’est ce que Castaner, Griveaux et le Président Macron cherchent à faire depuis plusieurs jours et pendant ce temps-là on ne parle pas des revendications", a-t-il ajouté pour conclure.

Guillaume Dussourt