BFMTV

Fourniret crie, insulte sa femme puis la charge

-

- - -

Michel Fourniret s'en est violemment pris à son épouse, Monique Olivier, durant l’audience, avant de l’impliquer directement dans le meurtre de Farida Hammiche.

A la Cour d'assise des Ardennes, c'est ce matin que la Cour va revenir sur les faits avec Michel Fourniret. Le président va donner du temps aux familles pour qu'elles puissent poser leurs questions à Michel Fourniret. Au moment de l'examen des faits, Fourniret était resté muet. Désormais, il parle, et les familles ont donc toute la matinée et celle de demain pour lui poser des questions essentielles.

« Arrête tes conneries, connasse »

Michel Fourniret pourrait s'en prendre à son épouse, puisqu'il a commencé à le faire hier. Lorsque la Cour entendait Jean-Pierre Hellegouarch, un ancien compagnon de cellule dont Fourniret avait tué la femme, Farida, en 1988, pour récupérer le trésor des Postiches. C'est au sujet de ce meurtre, qu'il a reconnu mais pour lequel il n'est pas jugé aujourd'hui, que la colère de Fourniret a violemment éclaté contre son épouse. « Ras le bol de cette bonne femme », lance-t-il rouge de rage, « Arrête tes conneries », poursuit-il, avant d'ajouter « connasse ».

Quelques minutes plus tôt, Monique Olivier vient de souligner la lâcheté de son mari, qui fuit lorsque Hellegouarch, dont il a tué l'épouse, vient lui régler son compte : « Il se sauve comme un lapin, laissant femme et enfant », précise-t-elle. Michel Fourniret prend alors un malin plaisir à laisser entendre que son épouse a participé activement au meurtre de la jeune Farida. « A elle de dire ce qu'elle a fait avec la baïonnette, glisse-t-il, je revendique l'assassinat, mais cela n'exclue pas l'intervention de Monique ». Entre les deux accusés, le ton est donné. Certains avocats des parties civiles comptent bien jouer de cet affrontement aujourd'hui lors de l'interrogatoire de Fourniret.

« Michel, ne me tue pas comme ça »

Il faut dire que lorsque Michel Fourniret se met à raconter des scènes de meurtre, le malaise s'installe. Hier, il a expliqué comment il avait étranglé Farida avec un lacet, comment la jeune femme lui avait dit « Michel, ne me tue pas comme ça », un récit insupportable même pour un vieux braqueur comme Hellegouarch, qui lui lâche alors, sans même prendre le micro : « Tes détails, tu te les gardes, tu rentres en prison, tu te pends et tout le monde sera content. »

« C'est le fonctionnement du couple dans son quotidien »

Que révèle cette grande colère que Michel Fourniret a eu contre son épouse ? Pour Maitre Gérard Chemla, un des avocats des parties civiles, « Cest la deuxième fois qu'il nous fait une de ces colères très violentes, dans lesquelles il joue au grand Michel Fourniret, très fort, très inquiétant. Est-ce que c'est sincère ? Chez lui, tout est un peu joué, et puis je pense qu'il a toujours fonctionné de cette manière. Ça doit être les colères que Monique Olivier a connues, et vous avez remarqué que ça ne l'émeut pas du tout. Elle nous explique « Bah oui! il est comme ça, il faut qu'il crie; il crie, et puis c'est tout. » C'est le fonctionnement du couple dans son quotidien, pas dans son fonctionnement criminel. Après, le crime faisait peut-être partie du quotidien ».

La rédaction et Aurélia Manoli