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Faut-il préserver les enfants de la photo du petit Syrien mort?

La photo du cadavre du garçon syrien échoué sur une plage turque horrifie le monde entier. Faut-il la montrer aux enfants? Si oui, comment?

Le corps du petit Aylan Kurdi, âgé de trois ans, gisant sur une plage de la station balnéaire huppée de Bodrum en Turquie a fait le tour du monde. Face contre le sable, comme paisiblement endormi. Un enfant vêtu d'un tee-shirt rouge et d'un short bleu mais dont on ne voit pas le visage auquel chaque enfant peut s'identifier. Faut-il montrer l'image aux enfants?

Pour le groupe de presse pour enfants PlayBac, la réponse est oui, d'autant qu'ils risquent d'y être confrontés quoi qu'il arrive. La photo fait donc la une vendredi du quotidien pour jeunes adolescents (14-17) L'Actu. Dans le journal Mon Quotidien, destiné aux 10-14 ans, elle se retrouve en page 6 avec un bandeau en une alertant sur le fait qu'il faut le lire en présence d'un adulte. La rédaction a choisi de l'accompagner de la photo de l'étape suivante quand le policier turc le prend dans ses bras.

Enfin, Le petit quotidien pour les 6-10 ans, reviendra plus tard sur l'histoire du petit Aylan. "L'idée c'est qu'ils ne se retrouvent pas seuls face à cette photo sans contexte, sans explication", explique Olivier Gasselon, rédacteur en chef adjoint de ces journaux. Il rappelle enfin que les journaux du groupe traitent du sujet depuis longtemps et que les lecteurs y sont sensibilisés.

Des explications pour empêcher les fantasmes

Pour la pédospychiatre Myriam Szejer, "il faut donner aux enfants des mots qui leurs permettent des penser les situations mêmes quand elles sont tristes, même quand elles sont dures. Sinon ils vont fantasmer dessus". Sans explication et sans contexte, ils peuvent se demander pourquoi cet enfant a été abandonné par ses parents par exemple. Elle recommande ainsi d'expliquer avec des "mots simples" et adaptés à chaque enfant l'histoire de ce petit Syrien et son contexte. "Il faut mieux donner aux enfants les clefs qui vont leur permettre de s'inscrire dans une société", juge-telle sur RMC.

"Il faut apprendre à lire une image, comprendre qu'il faut lire la légende attachée à l'image, savoir d'où elle vient et ce qu'elle nous raconte", insiste Diminitri Bechn rédacteur en chef de Polka magazine.

Enfin, Eric Baradat, rédacteur en chef photo pour l'AFP, rappelle qu'il ne s'agit "pas de violence gratuite".

K. L..