BFMTV

Face aux casseurs, la désolation des gilets jaunes pacifiques sur les Champs-Élysées

Environ deux cents manifestants ont remonté la célèbre artère parisienne, en clamant: "Macron, arrête de nous prendre pour des cons!"

Tandis que des casseurs ont montré leur volonté d'en découdre avec les forces de l'ordre, eux ont manifesté dans le calme. Environ 200 gilets jaunes ont déambulé sur l'avenue des Champs-Élysées, en fin de matinée. Ils étaient rassemblés derrière une banderole: "Macron, arrête de nous prendre pour des cons!"

"Il faut que Macron descende de son piédestal"

Dans un groupe de manifestants venus de Haute-Loire, de Bretagne et de l'Aisne, beaucoup se disaient déçus de ne pas pouvoir manifester normalement avec les heurts qui ont débuté très vite. D'autres manifestants s'employaient à éteindre les feux de poubelles.

La plupart ont préféré ne pas s'approcher trop près des accrochages, comme Chantal, 61 ans, retraitée des Yvelines: "On nous a dit qu'il y avait les casseurs devant." Pour elle, "il faut qu'il [Emmanuel Macron] descende de son piédestal, qu'il comprenne que le problème c'est pas la taxe, c'est le pouvoir d'achat. Tous les mois je dois piocher dans mon livret d'épargne."

000_1B944V.jpg
000_1B944V.jpg © -

Interrogé dans la matinée sur notre antenne, Mongi, un père de famille d'une cinquantaine d'années, a pris ses distances avec les casseurs, tout en faisant valoir ses revendications:

"On taxe toujours les plus petits. Mais on est pas des casseurs, on est pas des politiques, on est pas des syndicats. Nous sommes tout simplement des pères de famille. C'est pour nourrir nos enfants. Toutes les fins de mois, on y arrive pas. Il faut aller chercher l'argent ailleurs et rétablir l'ISF, aller chercher l'argent dans les paradis fiscaux. Je pense qu'on sera là tous les samedis. On va fêter Noël et le nouvel an avec vous Monsieur Macron!"

"On va pas casser du flic"

À quelques mètres de là, Felix, un autre manifestant, a témoigné devant nos caméras: "La semaine dernière il y avait plus de mixité. Là il y a beaucoup plus d'hommes (...) C'est trop chaud. Si c'est pas possible d'aller [aux Champs-Elysées], on va pas casser du flic, on est venu là pour manifester, pas pour tout casser."

De son côté, Marc, originaire de l'Eure, a confié qu'il était "difficile de manifester":

"On est cantonné, on sait pas trop où aller. Si on peut empêcher les casseurs de dégrader la plus grande avenue du monde, autant le faire. Mais nous, manifestants pacifiques, nous ne savons pas où aller. On a pas d'endroit où se retrouver ensemble et crier notre colère."

Lors d'un rapide point presse à midi, Edouard Philippe a tenu à saluer ces personnes "qui ont manifesté dans le calme". Au total, 5500 manifestants étaient comptabilisés dans la capitale à la mi-journée.

E.P. avec AFP