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Fabrice Nicolino, rescapé du 7 janvier: "il y a des choses que je ne peux plus faire"

Fabrice Nicolino, journaliste spécialiste des questions d’écologie, blessé dans l’attaque de Charlie Hebdo était l’invité de Jean-Jacques Bourdin ce lundi. Il publie un livre à charge contre l’agriculture intensive.

Son livre sur l’agriculture était prêt et aurait dû paraître le 9 janvier. Mais le 7 janvier, Fabrice Nicolino se trouve dans les locaux de Charlie Hebdo lorsque les frères Kouachi ouvrent le feu. "Je n’en ai vu qu’un des deux, je me suis jeté par terre, ce qui explique que je suis vivant", raconte le journaliste. "Les autres malheureux, mes amis se sont malheureusement soulevés sous l’effet de surprise et ont pris des balles".

Fabrice Nicolino est malgré tout blessé, il est hospitalisé pendant des mois et reste encore aujourd’hui sous morphine. Et ce n'est pas la première fois qu'il réchappe à un attentat. En 1985, il avait été blessé dans l'attaque à la bombe du cinéma Rivoli Beaubourg, lors du Festival international du cinéma juif. "J'espère que ça ne va pas se produire une troisième fois", sourit le journaliste. De ces deux attentats il garde des séquelles et des éclats de balles dans le corps. "Il y a des choses que je ne peux plus faire, reconnaît Fabrice Nicolino, comme "courir après" son fils de 4 ans.

Huit mois après les attentats de janvier, Charlie Hebdo a été secoué par plusieurs polémiques internes. Ces querelles étaient "inévitables", admet le rescapé. Le journal a également récolté plusieurs millions d'euros de dons. "Un équilibre a été rompu. C'était un journal petit, pauvre, dans une sale passe financière et brusquement tout a changé". 

Un livre contre l'agriculture intensive

Aujourd'hui, son livre intitulé "Lettre à un paysan sur ce vaste merdier qu'est devenue l'agriculture" paraît chez Les Échappées, l'éditeur de Charlie Hebdo. L'auteur y dresse une critique du modèle de l'agriculture intensive en s'adressant à un paysan fictif de 90 ans.

"J'ai eu envie de lui parler pour lui expliquer parce qu'il a vu la disparition de sa civilisation. Il a vécu la fin des paysans."

Un plaidoyer de l'agriculture industrielle qui s'oriente aussi vers une critique des institutions et de Xavier Beulin, dirigeant de syndicat FNSEA. "Quel personnage épouvantable", lâche Fabrice Nicolino. "Il n'a rien à voir avec le monde de l'élevage (...) c'est un industriel. Ça veut dire gros tracteurs et pesticides". 

Fabrice Nicolino regrette que la question de l'agriculture ne soit pas davantage prise en compte, notamment lors de la prochaine conférence sur le climat de Paris. "La Cop 21, si on voulait qu'elle soit sérieuse, il faudrait qu'elle s'attaque à l'agriculture industrielle (...) C'est une négociation qui échouera", regrette-t-il.

C. B.