BFMTV

Semi-marathon, Paris-Nice, matchs de foot... Pourquoi certains événements publics sont maintenus et d'autres annulés

Le ministre de la Santé a rappelé que les décisions prises l'étaient en accord avec des experts et étaient "fondées sur le rationnel scientifique."

Et si les événements sportifs étaient en danger? En pleine crise du coronavirus, le ministre de la Santé Olivier Véran était l'invité de BFMTV et RMC ce mardi matin. Il a notamment annoncé que les autorités anticipaient "la possibilité d'une épidémie" et que 260 millions allaient être débloqués pour les hôpitaux français. 

"Rationnel scientifique" 

Le nouveau remplaçant d'Agnès Buzyn a également rappelé "l'interdiction des rassemblements dans des lieux confinés de plus de 5000 personnes. À chaque fois qu’il y aura des événements qui regroupent du monde, il y aura du cas par cas en fonction des lieux et on peut être appelés à prendre des décisions d’interruptions de match."

En ce qui concerne le chiffre de 5000 personnes, le ministre a tenu à préciser les raisons de cette jauge. 

"Pourquoi 5000 personnes? C’est le seuil à partir duquel un événement doit être déclaré en préfecture, en dehors de l’épidémie ou pendant l’épidémie", a-t-il précisé. "Encore une fois, il ne faut pas imaginer que c’est le ministre qui dit 'ça c’est bon, ça non', toutes les décisions que je prends sont des décisions fondées sur le rationnel scientifique."

Certaines équipes sportifs ajustent leurs événements en fonction de ce seuil, à l'image de l'ASVEL, qui disputera bien son match d'Euroligue face à Valence, ce mardi soir devant son public. Le club de basket a simplement baissé le nombre de billets en vente pour descendre sous la barre fatidique des 5000 personnes, en adoptant "un format à 4500 places".

"Pas raisonnable" de maintenir le semi-marathon

Le ministre de la Santé a également été interrogé quant à l'annulation du semi-marathon de Paris, prévu dimanche passé. "20% des coureurs viennent de l’étranger, on a la condition de brassage, on a un grand rassemblement, et on a beau être à l’extérieur, on est confinés. Vous avez vu le départ d’un semi-marathon et l’arrivée?", a-t-il commencé. 

"Quand vous allez courir 20 bornes, vous allez tousser, parfois cracher, expectorer, donc vous allez reléguer du virus. Vous avez là plusieurs dizaines de milliers de personnes, dont une sur cinq vient de l’étranger, et qui vont courir ensemble pendant des heures. Ce n’était pas raisonnable de le maintenir", explique-t-il. 

À l'inverse, la course cycliste Paris-Nice qui doit débuter ce dimanche est pour l'instant maintenue, a expliqué la ministre des Sports, Roxana Maracineanu, mardi en fin de matinée. "Il s'agit d'une épreuve internationale, mais les équipes en majorité sont testés", justifie-t-elle. "Il y a peu de public le long de la course, on a prévu un maximum de 3000 personnes attendues, et l'épreuve ne passe pas par des zones à risque en France."

Une situation différente dans les stades, selon Véran

En ce qui concerne les stades et les parcs d'attraction, la situation est pour Olivier Véran différente. "Dans un stade, vous allez être assis, vous n’êtes pas dans un lieu confiné", débute-t-il. 

"Pour Disneyland, on n’est pas dans un lieu de confinement mais vous allez faire des queues qui sont à l’extérieur, et là les 'gestes barrière' s’appliquent (tousser dans son coude, utiliser des mouchoirs à utilisation simple...ndlr)."
Hugo Septier