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Entre modération et polémiques, le "Dry january" débute ce mercredi en France

Initialement porté par l'État, ce défi, qui consiste à réduire sa consommation d'alcool, est désormais organisé par une trentaine d'associations.

Lancée en 2013 en Angleterre, l'opération "Dry january", (comprendre "Janvier sec"), est sur le point d'être lancée en France, alors qu'approche la nouvelle année. À partir de ce mercredi, une trentaine d'associations proposent en effet d'arrêter, ou du moins réduire, sa consommation d'alcool pour le mois à venir.

"C'est une campagne mobilisatrice, ludique, pour s'essayer individuellement et collectivement à une pause pendant un mois, après la période des fêtes", expliquait Nathalie Latour, déléguée générale de la Fédération addiction, l'une des associations organisatrices.

Initialement, le projet, inédit en France, aurait dû être porté par l'Etat. Mais, selon les associations organisatrices, elles l'accusent d'avoir renoncé mi-novembre après une rencontre entre Emmanuel Macron et les producteurs de champagne.

De virulents opposants

De fait, l'idée même du "Dry january" rencontre de nombreux opposants. Début décembre, une tribune publiée dans Le Figaro, et signée par plusieurs célébrités dont Cyril Lignac, Guy Savoy ou Pierre Arditi demandait d'arrêter "de culpabiliser les amateurs de vin". 

"Cette initiative me (Philippe Claudel, auteur de la tribune, NDLR) consterne. Et je ne sais si la placer de plus en janvier, mois de Saint-Vincent, patron des vignerons, relève de la simple bêtise ou de la provocation", peut-on par exemple lire. 

Bernard Farges, président de la CNAOC (Confédération Nationale des producteurs de vins et eaux de vie de vin à Appellations d'Origine Contrôlées) y voit quant à lui une volonté "d'arriver à l'interdiction de consommation, c'est ça qui est derrière".

Une accusation balayée par Nathalie Latour, qui de son côté assure qu'il n'existe "aucune volonté de prohibition ni d'abstinence totale, ce n'est pas du tout une campagne moralisatrice ni hygiéniste".

"Ces produits ont une place importante dans la culture française. Mais il faut équilibrer les enjeux économiques, sociaux et de santé", explique-t-elle encore.

Des bienfaits réels

Reste que, selon le site de l'événement, les bénéfices d'une telle pause sont réels. En vrac, 71% des participants dormiraient mieux, 86% réaliseraient des économies d'argent, et 67% ont amélioré leur capacité de concentration.

"Les résultats sont intéressants, à court et moyen/long terme: les personnes qui ont participé arrivent ensuite à mieux réguler leur consommation d'alcool", assure Nathalie Latour.

Afin de leur venir en aide, le "Défi de janvier" s'appuie sur un site détaillé, où l'on peut s'inscrire et trouver des dépliants et des posters. "Les restaurants, les collectivités qui le souhaitent peuvent les imprimer et les afficher", complète-t-elle.

On peut également y télécharger une application en anglais baptisée Try Dry. Créée par l'association Alcohol Change, à l'origine du "Dry january" anglais, elle permet d'aider à atteindre ses objectifs lorsqu'on diminue ou arrête sa consommation d'alcool.

La consommation d'alcool est à l'origine de nombreuses maladies (cancers, maladies vasculaires, etc.) et est responsable dans l'Hexagone de 41.000 morts par an, ce qui en fait la deuxième cause de mortalité évitable après le tabac (75.000), selon l'agence sanitaire Santé publique France.

En outre, selon les addictologues, 80% de l'alcool vendu en France est consommé par seulement 20% de la population.

Hugo Septier avec AFP