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En France, il y a un orphelin par classe

Enfant à l'école (Photo d'illustration)

Enfant à l'école (Photo d'illustration) - Frank Perry - AFP

Ce jeudi à Paris, l'Ocirp présente une étude sur la situation des orphelins en France. Celle-ci est relativement méconnu, notamment dans le système scolaire, estime l'organisation. Ils sont pourtant plus nombreux qu'on ne croit dans les écoles.

Ils étaient 650.000 en France, en 2016, orphelins de père, de mère, ou des deux et sont pourtant presque invisibles dans le système scolaire hexagonal. C'est ce qu'avance une enquête de l'Ocirp (l'Organisme commun des institutions de rente et de prévoyance, une instance couvrant les risques de décès et de perte d'autonomie dans les familles), citée ici par le journal Ouest France

Dans les colonnes du quotidien de la façade atlantique, la responsable de l'Ocirp, Emmanuelle Enfrein, regrette particulièrement cette méconnaissance de la particularité de la situation des orphelins dans l'école:

"La mort est taboue dans notre société et encore plus dans l'univers des enfants. D'ailleurs, à l'école, aucune case n'est prévue dans les fiches à remplir pour un parent décédé."

28% des orphelins sortent de l'école sans diplôme 

Les orphelins sont considérés comme issus d'une famille monoparentale, un statut équivalent aux enfants de divorcés. Ils sont pourtant très nombreux dans les établissements. "En moyenne, un enfant par classe", assure Emmanuelle Enfrein. 

Dans le rapport diligenté par l'Ocirp, une large part des orphelins se plaignent de leur manque de visibilité et de l'influence de celui-ci sur leur vie: pour une moitié d'entre eux, leur situation a eu une influence sur leur scolarité et leurs relations sociales.

En outre, 28% des orphelins sortent du circuit scolaire sans diplôme, contre 17% pour l'ensemble des adultes. Plus des trois quarts des orphelins interrogés évoquent une baisse de la concentration après le drame. 

Hélène Romano, docteur en psychopathologie interviewée par France Inter, met également en lumière ces difficultés tout en défendant les professeurs, souvent insuffisamment armés pour y faire face dans les classes: "Ce sont de vraies souffrances quotidiennes et quand ils grandissent ces enfants le disent. Ce n’est pas évident pour les enseignants qui ne sont pas formés à tout ce qu'il y a autour de la mort".

R.V.