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En 2017, retour en force des prénoms anciens et courts

Les prénoms rétro et brefs devraient être les préférés des jeunes parents l'année prochaine. L'auteure de L'officiel des prénoms 2017, Stéphanie Rapoport, décrypte pour BFMTV les tendances actuelles.

Futurs parents, vous réfléchissez au prénom à donner à votre enfant? Alors sachez que Louise ou Emma et Gabriel ou Jules, figurent parmi les prénoms qui devraient être les plus donnés en 2017. Depuis quelques années, la tendance est aux prénoms anciens et courts. Les monosyllabiques et les bisyllabiques ont le vent en poupe. 

"Léa, Emma pour les filles, Lucien, Emile, pour les garçons", Agnès Rozenberg, sage-femme ostéopathe à Boulogne-Billancourt constate la montée en puissance des prénoms anciens. Parallèlement, les parents prennent aussi une certaine liberté vis-à-vis de l'orthographe.

Les prénoms du19e siècle sont de retour

Pour, Stéphanie Rapoport, l'auteure de L'officiel des prénoms 2017 (ed. First) qui sort jeudi en librairie, le rétro va clairement prendre la main en 2017. Ainsi, le Léo de 2016 serait supplanté par Gabriel. Viendraient ensuite à égalité Jules et Raphaël, puis Léo, Adam, Lucas, Ethan. Hugo. Chez les filles, l'indétrônable Louise tient le haut du pavé. Elle est suivie de l'exotique Jade, puis d'une cohorte de prénoms anciens: Emma, Chloé, Alice, Inès, Léa, Manon, Lina, Mila. 

"Il y a huit prénoms anciens dans le top 20 et deux dans le top 5. Les prénoms rétro sont des prénoms qui ont particulièrement brillé au 19e siècle", précise Stéphanie Rapoport.

En revanche, constate celle qui fonde ses prévisions et affine les tendances à l'aune des registres d'état civil, d'autres prénoms classiques sont, au contraire, en déshérence.

"Marie, Jean, Pierre ou Nicolas s'effondrent", constate-t-elle. "Des prénoms très répandus tels Catherine, Michel(le), Sylvie ne sont plus donnés qu'à 50 personnes par an".

Adam, bref et "multiculturel" réconcilie tout le monde

Concernant la question de la brièveté des prénoms les plus donnés, Stéphanie Rapoport a aussi son idée.

"On vit dans le monde de l'Internet, de l'immédiat, des 'news-live', je pense que c'est ce qui influence les parents et c'est vrai qu'aujourd'hui on n'a jamais eu autant de prénoms d'une syllabe: Rose, Jules, Paul."

Ces prénoms anciens, d'autres diront banals ou consensuels, reflète-t-il la diversité culturelle de la France actuelle? L'auteure brandit ici le champion du "multiculturel", voire du "multicultuel".

"Adam, premier prénom donné à Paris et à Marseille, cinquième au plan national, est un prénom multiculturel, qui dans les années 80 était à peine donné en France, aujourd'hui il a pris son essor. C'est vraiment un prénom fédérateur. En tant que 'premier homme' et ancêtre commun au christianisme, au judaïsme et à l'islam, c'est un prénom qui séduit les parents issus de ces cultures, qu'ils soient croyants ou non, ainsi que les couples mixtes et les 'bobos' (bourgeois bohèmes, NDLR)."
David Namias avec Justine Fontaine