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Elle veut transmettre le "ñ tildé" de son nom de famille à son fils, l'état civil le lui refuse

Le "ñ" est la dix-septième lettre de l'alphabet espagnol.

Le "ñ" est la dix-septième lettre de l'alphabet espagnol. - Alejandro Polanco

Certains noms bretons ou d'origine espagnole, portugaise, basque, comportent cette lettre spéciale qui place une petite barre ondulée au dessus du "n".

Ibañez ou Ibanez? Pour Alexandra, ce petit signe sur la lettre "n" de son patronyme fait toute la différence. "Je tiens à ce ñ tildé, c'est l'histoire de ma famille, de mes origines. Si on ne se bat pas, d'ici quelques générations ces noms d'origine espagnole auront disparu. Pour moi, c'est une question de culture, de patrimoine. Ça fait partie de nous", explique la jeune femme à BFMTV.com.

Au début, celle qui veut absolument transmettre ce petit signe distinctif à son fils a cru à une erreur de l'administration au moment de l'inscription de sa progéniture à l'état civil. L'enfant porte bien le nom de la mère et du père, mais le tilde avait disparu de l'acte de naissance. Pour elle, son fils ne porte tout simplement pas le même nom de famille que le sien. Et a donc entamé des démarches pour rétablir ce qu'elle considère comme une injustice.

Elle interpelle le procureur de la République

La mairie de Bayonne, où a été déclarée la naissance de l'enfant, ne veut rien savoir de cette particularité orthographique. Quant à celle de Saint-Jean-de-Luz où réside la famille, conseille à Alexandra Ibañez d'en appeler au procureur de la République. Elle lui a écrit fin août, sans pour l'instant avoir reçu de réponse. Craignant que cette démarche soit sans effet, la jeune maman envisage une action en justice. Elle a aussi créé fin août une page Facebook consacrée à ce problème qui "réunit 500 membres".

"Beaucoup de prénoms basques tels Beñat, Aña ou Iñaki sont concernés par ce problème", renchérit Alexandra.

La question s'était déjà posée pour un concitoyen breton, mais à propos du prénom Fañch. Depuis 2014, une circulaire mettant en œuvre les dispositions d'un décret de 1974, impose que "les seuls signes diacritiques admis sont ceux (...) autorisés par la langue française". Apparemment le "ñ" n'en fait pas partie.

David Namias