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Sciences Po choisit le successeur de Descoings, onze mois après sa mort

Sciences Po Paris, l'institut d'études politiques de la rue Saint-Guillaume

Sciences Po Paris, l'institut d'études politiques de la rue Saint-Guillaume - -

Onze mois après le décès brutal de Richard Descoings, les conseils de Sciences Po sont convoqués vendredi pour désigner son successeur. Trois candidats sont encore en lice.

Qui succédera à Richard Descoings à la tête de Sciences Po ? Depuis onze mois et le décès brutal du directeur de l'IEP de Paris, la course à la succession est ouverte dans le cadre d'une procédure très critiquée.

Vendredi, les conseils de Sciences Po sont convoqués pour tenter de désigner le nouveau directeur de Sciences Po. Jeudi, le conseil de direction a auditionné les deux candidats officiellement pré-sélectionnés, Frédéric Mion, major de l'ENA et secrétaire général de Canal+, ainsi que l'américain Andrew Wachtel, président de l'Université américaine d'Asie centrale, mais aussi un candidat recalé puis repêché, Jean-Michel Blanquer, ancien directeur général de l'enseignement scolaire au ministère de l'Education.

Frédéric Mion favori

Ses membres ont procédé à un vote "indicatif": Frédéric Mion a recueilli 15 voix, Jean-Michel Blanquer 14 et Andrew Wachtel aucune, a-t-on appris auprès de Thierry Cadart, secrétaire national de la CFDT, membre du conseil, et de l'Unef Sciences Po, qui a plusieurs élus dans cette instance.

Vendredi, le Conseil d'administration de la Fédération nationale des sciences politiques (FNSP) doit nommer son administrateur le matin puis le Conseil de direction de l'IEP, le directeur. Traditionnellement, la même personne cumule les deux casquettes.

Polémiques

Cette nomination devrait signer l'épilogue d'un feuilleton commencé avec la disparition brutale de Richard Descoings, début avril 2012, et marqué par de nombreux coups de théâtre, notamment ces derniers jours.

Ainsi l'un des trois candidats pré-sélectionnés, l'universitaire Louis Vogel, a jeté l'éponge, estimant que la sélection penche vers un candidat qui ne correspond pas aux critères officiels. Sous-entendu, vers Frédéric Mion, bardé de diplômes mais sans expérience de direction d'un établissement d'enseignement supérieur.

Comme Richard Descoings, Frédéric Mion est issu d'un grand corps de l'Etat, le Conseil d'Etat, et il a fait partie du cabinet de Jack Lang au ministère de l'Education.

Dénonçant de leur côté une "succession verrouillée", environ 400 étudiants, salariés et enseignants, réunis en assemblée générale, ont réclamé jeudi un débat public entre candidats et la publication de leurs projets pour que les conseils votent en connaissance de cause, selon Nicolas Robin, président de l'Unef Sciences Po.

Pour "plus de transparence" plusieurs dizaines d'étudiants ont passé la nuit de mercredi à jeudi dans le principal amphithéâtre.

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