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Première rentrée pour deux écoles musulmanes à Nanterre

Deux écoles musulmanes ouvrent leurs portes en cette rentrée à Nanterre. Et elles ont été littéralement prises d’assaut.

Dans l’Hexagone, une quarantaine d'écoles de confessions musulmanes font leur rentrée cette semaine. Ainsi à Nanterre (Hauts-de-Seine), deux écoles musulmanes ouvrent. L’Institut Ibn Badis est accolé à la mosquée. Ce projet vieux de 21 ans accueillera ses premiers élèves jeudi matin.

Contrairement au projet d'école stoppé par la municipalité La Chapelle-Saint-Mesmin (Loiret), l’Institut Ibn Badis assure ne pas avoir eu de problème avec la mairie. Et le jeune directeur Sabar Kabbouchi se montre très enthousiaste à l'heure des derniers coups de pinceaux. Il est très fier de présenter son écran tactile plus moderne qu'un tableau et d'annoncer des professeurs triés sur le volet ainsi que des effectifs réduits: 22 élèves maximum par classe.

"On part du principe que chaque enfant est différent donc les salles sont en îlots par quatre. Ça permet de montrer à chaque élève qu’il fait partie d’un tout. Donc il apportera sa contribution à la société et ça commence dès la rentrée dans la classe", explique Sabar Kabbouchi en présentant la disposition des classes.

A l'origine, le seuil était fixé à 20, mais la direction a plié sous les demandes. Sur 500 souhaits de scolarisation, seuls 152 élèves ont trouvé leur place dans les classes du CP à la cinquième.

"L’école publique malheureusement ne correspond plus à l’attente des familles pour beaucoup de choses. On a vu la polémique par rapport au repas sans viande dans les établissements scolaires alors qu’on ne demande pas de viande halal. On demande juste à ce que les enfants puissent choisir. Même chose pour la discrimination de l’entrée dans l’établissement des jeunes filles collégiennes qu'elles portent leur voile. Ça a provoqué une prise de conscience collective dans la communauté", assure Sabar Kabbouchi.

"Il sera fier d’être musulman"

Pour Monia et Ouassini c’était une évidence d’inscrire leur fils dans cet établissement, malgré un coût de 2.100 euros par année scolaire.

"Dès son plus jeune âge il va commencer à apprendre la langue arabe. La chance que je n’ai pas eue moi. Il pourra apprendre sa religion et il pourra comprendre sa religion. Et puis il sera fier d’être musulman et français. C’est vrai que dans l’école privée musulmane, il y a certaines choses qui vont être moins abordées ou abordées différemment. C’est vrai que c’est un plus pour nous", explique la mère de trois enfants.

Elle ajoute aussi s'attendre à une plus grande discipline par rapport à l'école publique.

Cinq ans sans financement de l'Etat

L’école ne bénéficie d’aucun financement, mais espère bien en obtenir dans cinq ans. Il faut qu’un établissement ait fonctionné au moins cinq ans pour pouvoir prétendre à un contrat d’association avec l’Etat et aux financements qui l’accompagnent. Pour l'instant, trois établissements musulmans sont sous contrat en France, l'Etat prend en charge les salaires des enseignants et une partie des dépenses de fonctionnement.

Dans l'enseignement catholique, 9.000 établissements accueillent 2 millions d'élèves, tandis que pour la communauté juive, 280 écoles, collèges et lycées scolarisent environ 30 000 élèves.

K. L. avec Caroline Mier