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Notation des élèves: "Des conséquences néfastes sur les plus jeunes"

Le ministre de l'Education espère parvenir à un "consensus" sur une notation plus bienveillante

Le ministre de l'Education espère parvenir à un "consensus" sur une notation plus bienveillante - -

Le ministre de l’Éducation nationale s'est dit favorable à une notation plus bienveillante à l'égard des élèves, estimant que le système actuel avait tendance à les décourager. Les notes peuvent-elles créer des traumatismes? BFMTV.com a posé la question à la psychologue Suzanne Guillard.

"Aujourd'hui, notre système d'évaluation souligne les lacunes et les échecs des élèves, ce qui peut être très décourageant pour certains", déclare Benoît Hamon dans un entretien au Parisien. Le ministre de l’Education nationale plaide ainsi pour un nouveau système de notation des élèves, jugeant que l'actuel sanctionne davantage qu'il ne récompense. Comment parvenir à un système d’évaluation qui encourage plus qu’il ne décourage? Le projet ne date pas d’aujourd’hui, et avait déjà été porté par Vincent Peillon, le prédécesseur de Benoît Hamon rue de Grenelle.

Le chantier reprend vie avec le lancement mardi d’une "conférence nationale sur l'évaluation des élèves", dans le cadre du projet de refonte de l’école. Les notes nuisent-elles réellement à la réussite des élèves? BFMTV.com a joint Suzanne Guillard, psychologue spécialiste des questions d'éducation.

Les notes font-elle du tort aux élèves dans leur parcours scolaire?

Le débat revient fréquemment sur la table: faut-il supprimer les notes? L’idée n’est pas neuve, elle date même des années 70. Pendant un temps, des lettres ont été attribuées à la place des chiffres, mais ce système n’a pas été suivi…

Parents comme enseignants estiment que les notes sont un bon moyen de se rendre compte du niveau de l’enfant. C’est très symptomatique du système français: savoir aussi bien valoriser que dévaloriser.

Noter un enfant sur son travail peut-il être traumatisant?

La notation a forcément des effets. Cependant, elle dépend des âges et de l’investissement scolaire des enfants. Si parler de traumatisme, dans le sens psychique du terme, est à mon avis inapproprié, une chose est sûre: le bilan de compétences chez les tout-petits peut avoir des conséquences néfastes sur leur construction. 

Ainsi, l’enfant qui ne s’estime pas "capable de réussir" se met dans la position de celui qui ne sera "jamais capable de", parce qu’il se voit comme "fondamentalement incapable".

Que suggérez-vous comme alternative?

A partir de la cinquième-quatrième, les élèves ne sont plus des "petits", et peuvent prendre leurs responsabilités. Par exemple, le collégien qui passe le brevet ou le lycéen qui passe le bac sait s’il a travaillé ou non. La question du développement de l’enfant ne se pose plus de la même manière. En revanche, pour les plus jeunes, l’auto-évaluation reste, à mon sens, la meilleure alternative.

Mélanie Godey