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Noisy-le-Sec: les enseignants d’un lycée dénoncent des violences à répétition

Des enseignants du lycée Olympe-de-Gouges à Noisy-le-Sec ont manifesté mardi.

Des enseignants du lycée Olympe-de-Gouges à Noisy-le-Sec ont manifesté mardi. - BFM Paris

Depuis vendredi, une partie de l'équipe enseignante du lycée Olympe-de-Gouges à Noisy-le-Sec en Seine-Saint-Denis est en grève. Ils dénoncent une escalade de la violence dans l'établissement, après la violente agression d'un élève par une dizaine d'individus.

C'est l'agression de trop. Vendredi, les enseignants et les élèves du lycée Olympe-de-Gouge ont assisté à un véritable passage à tabac dans la cantine de l'établissement. Au moment de la pose déjeuner, une dizaine d'individus munis de matraques et de bombes lacrymogènes, qui pourraient venir du lycée voisin, sont entrés dans le réfectoire et s'en sont pris à un élève. Ce dernier a été évacué par les pompiers, le visage tuméfié tandis qu'un surveillant qui tentait de s'interposer a été frappé et gazé. Il a écopé de cinq jours d'ITT. Depuis, une partie des enseignants refuse de reprendre le travail.

"C'est un ras-le-bol général de l'ensemble de l'équipe enseignante et des surveillants aussi (...). Il y a une recrudescence de la violence", explique à BFM Paris Romain Héritier, professeur d'EPS. 

Menaces de mort et dégradations

Mais cet incident n'est pas le premier. Fin septembre, un enseignant a été menacé de mort par un membre de la famille d'un élève, écrivent les enseignants grévistes dans un communiqué. Les intrusions dans l'établissement sont également chose commune.

"Il y a un mois de ça, alors que je faisais cours, un individu a pénétré dans l'enceinte de l'établissement, a donné un énorme coup dans ma porte, a fait sauter le verrou de la porte. Mes élèves étaient choqués, moi-même aussi", se souvient Mina Jaai, enseignante au lycée.

Le personnel en grève évoque également un règlement de compte devant l'établissement début octobre qui avait nécessité l'intervention des forces de l'ordre. L'établissement serait également régulièrement la cible de dégradations avec notamment la manipulation des tableaux électriques, entraînant des coupures de courant et l'endommagement du matériel informatique. Les enseignants expliquent avoir interpellé le rectorat de l'académie de Créteil à trois reprises pour réclamer davantage de moyens et du personnel supplémentaire. Des discussions avec le rectorat sont en cours.

C. B avec Emmanuelle Lebon et Simon Azelli