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Menaces et insultes: l'enfer des parents d'enfants tyrans au CHU de Montpellier

Depuis deux ans, une cellule d'écoute et d'accompagnement a été mise en place au CHU de Montpellier pour aider les parents des "enfants tyrans".

Violences physiques, menaces, insultes… Ils ont entre 5 et 18 ans, et ont fait de la vie de leur famille un enfer. Au CHU de Montpellier, un groupe de parole a été mis en place pour accompagner les parents dont les enfants ont un comportement violent.

"On parle d’enfant tyrannique lorsque la hiérarchie familiale n’est plus respectée. C’est à dire lorsque les parents n’ont plus la possibilité dans le foyer de décider ou de poser les règles éducatives qu’ils souhaitent", explique ainsi la page du service sur le site de l'hôpital

"Il me parle très mal, c'est insupportable au sein d'une famille", témoigne Guilhem, père de Liam, 15 ans. "On ne peut pas avoir un gosse qui dit 'sale pute' à sa mère. (...) On est ici pour avoir des outils, des clés pour recadrer un petit peu, reprendre un chemin acceptable et que leur suite devienne meilleure", explique-t-il au micro de BFMTV.

Chaque jeudi, les parents se retrouvent dans une salle de l'hôpital pour échanger: un endroit où ils peuvent se confier sans peur d'être jugés. Mais dans ce groupe, ils ont aussi des devoirs. Pour modifier le comportement des enfants, les médecins s'attaquent d'abord à celui de leurs parents, pour mettre fin à la tyrannie sans violence.

Le sentiment d'être entendus

Cette semaine par exemple, ils doivent rédiger puis lire une déclaration à leur enfant.

"L'idée forte de la déclaration, c'est que vous inscrivez votre positionnement, vous dites 'il y a des choses qu'on ne peut plus accepter, la violence nous a rendus la vie intolérable'", leur explique Nathalie Franc, pédopsychiatre au CHU de Montpellier. "Ce qui est intéressant dans cette formulation, c'est qu'on ne dit pas 'tu nous pourris la vie', ou 'ta violence est insupportable', on dit 'c'est la violence de la maison qui nous a rendu la vie intolérable'", nuance-t-elle.

Après des années sans solution, Evelyne, maman d'Antoine, 9 ans, a enfin le sentiment d'être entendue.

"On apprend de nouvelles choses, qu'on va essayer à la maison, ça nous guide, et puis surtout on se sent moins seuls", confie-t-elle. "Il existe un phénomène de honte et de culpabilité qui est encore aggravé par le fait que l’enfant se comporte bien à l’extérieur", confirme la page du service

"Ils sont beaucoup plus tenaces que ce qu'on peut imaginer et que même ce que vous, vous pouvez être", aquiesce Nathalie Franc. "Si vous rentrez dans l'explication, déjà vous vous affaiblissez", prévient-elle.

Depuis deux ans, une cinquantaine de familles ont passé la porte de cette cellule d'écoute et d'accompagnement.

L.A., avec Margaux de Frouville, Yves Couant et Julie Papet