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Lycéens et étudiants ensemble pour appuyer la grève

Lycéens et étudiants ont manifesté par milliers jeudi partout en France (comme ici à Lyon) pour appuyer les grèves contre le projet de réforme des retraites. /Photo prise le 21 octobre 2010/REUTERS/Robert Pratta

Lycéens et étudiants ont manifesté par milliers jeudi partout en France (comme ici à Lyon) pour appuyer les grèves contre le projet de réforme des retraites. /Photo prise le 21 octobre 2010/REUTERS/Robert Pratta - -

PARIS (Reuters) - Les syndicats de lycéens et d'étudiants font cause commune pour appuyer les grèves contre la réforme des retraites et devaient...

PARIS (Reuters) - Les syndicats de lycéens et d'étudiants font cause commune pour appuyer les grèves contre la réforme des retraites et devaient manifester jeudi pour la première fois séparément des salariés, partout en France.

L'irruption des jeunes dans ce mouvement se confirme de jour en jour malgré les appels du gouvernement à la responsabilité des parents et en dépit d'incidents qui ont émaillé certaines mobilisations, en banlieue parisienne et à Lyon notamment.

Selon le ministère de l'Education nationale, 312 lycées étaient bloqués ou perturbés jeudi, soit 7,25% du total des établissements. Le syndicat lycéen FIDL annonce pour sa part un chiffre de 1.300 lycées mobilisés, dont 700 bloqués ou pratiquant le "barrage filtrant" à leurs entrées.

"La force et la puissance du mouvement lycéen ne faiblissent pas et la détermination des lycéens est chaque jour plus forte contre la réforme actuelle des retraites", dit la FIDL dans un communiqué. "Aujourd'hui, les lycéens exigent une autre réforme pour ne pas être une génération sacrifiée".

Le mouvement semble s'étendre à une partie des 83 universités françaises, mais l'ampleur de la mobilisation dans ce secteur est incertaine, les chiffres étant très divergents selon les sources.

L'Unef, principal syndicat étudiant, proche de la gauche, annonce 33 universités affectées, dont 14 bloquées totalement ou partiellement. Le ministère de l'Enseignement supérieur parle de cinq universités touchées et une seule bloquée, à Pau.

Selon l'Unef, cinq universités ont été fermées administrativement et par précaution, sur décision du président d'université: à Rennes, Lyon, Montpellier, Saint-Etienne et Toulouse. Le ministère confirme quatre fermetures mais estime que Saint-Etienne n'est pas fermée mais perturbée.

MANIFESTATIONS PARTOUT EN FRANCE

Des assemblées générales devaient se tenir une peu partout dans la journée et une trentaine d'autres universités envisageaient de se rallier au mouvement, au-delà des 33 mentionnées par l'Unef, dit le syndicat dans un communiqué.

Selon lui, 14 universités étaient bloquées "totalement ou partiellement" sur décision des étudiants réunis en assemblée générale: deux à Paris, ainsi que Poitiers, Nantes, Limoges, Pau, Le Havre, Le Mans, Amiens, La Rochelle, Lille, Rennes, Perpignan et Clermont-Ferrand.

Cette notion de "blocage partiel" semble être à l'origine des divergences de chiffres avec le ministère, dont un porte-parole estime que le syndicat comptabilise des perturbations mineures, comme la fermeture d'une salle de cours.

A Paris, le défilé des jeunes devait partir de Jussieu, près des universités, en début d'après-midi, pour rejoindre la place Denfert-Rochereau via la place d'Italie.

D'autres manifestations étaient prévues à Aix-en-Provence, Bordeaux, Caen, Grenoble, Lille, Nantes, Perpignan, Rennes, Rouen, Saint Etienne et Toulouse.

Les syndicats lycéens et étudiants estiment que les jeunes sont concernés par le recul de l'âge légal de la retraite à 62 ans car, selon eux, la réforme va maintenir au travail des salariés âgés et donc compromettre davantage les perspectives de premier emploi.

Des forces de sécurité importantes devraient être déployées autour des cortèges de jeunes. Des incidents impliquant souvent d'autres jeunes étrangers aux manifestations se sont produits ces derniers jours.

Thierry Lévêque, édité par Patrick Vignal