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Les élèves français sont toujours mauvais en anglais, surtout à l'oral

75% des élèves en fin de collège n'arrivent pas à s'exprimer correctement à l'oral, d'après une étude du Cnesco. L'apprentissage tardif de la langue et les classes surchargées sont mis en cause.

Les trois quarts des élèves n'arrivent pas à se faire comprendre en anglais en fin de collège, révèle une étude du Conseil national d'évaluation du système scolaire (Cnesco) publiée ce jeudi. Ils comprennent la langue beaucoup mieux qu'il y a dix ans, mais n'arrivent toujours pas à la parler pour une majorité de jeunes à la fin de la troisième.

Manque de vocabulaire

Selon l'étude, 75% des collégiens ne produisent pas à l'oral des phrases anglaises correctes. Ils manquent de vocabulaire et sont à la peine en grammaire et en prononciation.

"J'arrive à comprendre mais j'arrive pas à répondre", nous confie un élève d'un établissement du XXème arrondissement de Paris.

Bien que le niveau s'améliore, quatre élèves sur dix rencontrent également des difficultés en compréhension de l'oral. Leurs résultats restent ainsi bien inférieurs à ceux de leurs camarades européens: seuls 29% des 14-16 ans atteignent le niveau attendu en fin de collège. Et d'après les auteurs de l'étude, le retard se creuse dès le primaire:

"Quand on a raté l'étape du primaire, on part avec un handicap puisque c'est entre la maternelle et les premières années du primaire qu'on apprend à reconnaître et à prononcer les sons", analyse Nathalie Mons, présidente du Cnesco.

Des classes surchargées

Le nombre d'élèves en classe est également mis en cause par l'étude du Cnesco, ce que nous confirme Elsa Goupil, professeur d'anglais SNES à Paris:

"Il n'est pas rare d'avoir 30 élèves au collège et la même chose en lycée. Ils n'ont pas la possibilité de s'exprimer dans des cours avec des effectifs adaptés", estime-t-elle.

Revoir la formation des enseignants

Afin d'améliorer le niveau des élèves français, plusieurs acteurs de terrain préconisent de travailler l'oral de manière progressive, de la maternelle au lycée, par exemple en faisant écouter des chants et comptines en langues étrangères aux tout petits. 

Ils recommandent aussi de revoir le recrutement et la formation des enseignants, en remettant en place, au concours d'entrée de professeur des écoles, une épreuve de langues, qui avait été supprimée en 2007. Autre préconisation: repenser l'évaluation des élèves, en les incitant davantage à "se lancer" à l'oral, et à ne pas les juger en cas d'erreur.