BFMTV

Le conseil scientifique de Blanquer annonce l'arrivée des neurosciences dans l'Éducation

Le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, le 3 janvier 2018

Le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, le 3 janvier 2018 - STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Jean-Michel Blanquer lance ce mercredi son conseil scientifique avec à sa tête un professeur de psychologie cognitive. Comme avait annoncé le ministre de l'Éducation nationale, les neurosciences font leur entrée à l'école.

Le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, installe ce mercredi un conseil scientifique dirigé par le professeur de psychologie cognitive Stanislas Dehaene, qui se penchera notamment sur le contenu des formations enseignantes ou des manuels scolaires, a-t-il indiqué dans un entretien au Figaro.

L'arrivée des sciences cognitives

Après l'annonce de la création de ce conseil, en novembre, une cinquantaine de chercheurs s'étaient inquiétés qu'une discipline -les neurosciences- puisse s'imposer au détriment d'autres mouvements pédagogiques. 

"L'arrivée des sciences cognitives (...) suscite des réactions défensives", regrette Jean-Michel Blanquer. "C'est par des approches pluridisciplinaires que nous pourrons nourrir nos réflexions".

Les neurosciences explorent l'organisation et le fonctionnement du cerveau. Les progrès considérables accomplis ces dernières années grâce au développement des techniques d'imagerie cérébrale permettent d'apporter de nouvelles réponses sur son fonctionnement. De nombreux scientifiques partagent l'idée que l'enseignant devrait se saisir des éléments de connaissance sur le cerveau pour enseigner et adapter ses pratiques aux activités cognitives de l'élève.

Le conseil sera composé de 21 membres, dont un tiers issu des sciences cognitives, selon le quotidien. Les autres membres seront des philosophes, sociologues, chercheurs en sciences de l'éducation, ou encore économistes.

"Quels contenus pédagogiques sont les plus efficaces"

Plusieurs domaines devraient être étudiés de manière prioritaire comme "le contenu des formations enseignantes". "Le conseil scientifique cherchera à délimiter les connaissances que tout professeur devrait maîtriser", précise également Stanislas Dehaene au Figaro. Il étudiera aussi "quels contenus pédagogiques sont les plus efficaces, ce qui pose la question des manuels scolaires", ajoute-t-il, soulignant qu'au moins 30% des classes de CP, par exemple, "n'en ont pas". Troisième domaine d'étude: "établir la meilleure façon de mesurer les progrès des élèves" en regardant par exemple quelle est "l'utilité des tests en CP".

Le conseil se penchera aussi sur la "métacognition", c'est à dire "le fait de comprendre ses propres processus d'apprentissage pour mieux apprendre à apprendre" et enfin sur la question du handicap à l'école.

"Ce conseil aura pour mission de faire évoluer le système, en aidant à mesurer les progrès des élèves, en proposant des expérimentations pour définir quels facteurs conduisent aux progrès les plus rapides et durables, et en contribuant à la diffusion des méthodes pédagogiques qui ont fait leurs preuves", ajoute Jean-Michel Blanquer.

C.H.A. avec AFP