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La folle rumeur sur la théorie du genre à l'école qui inquiète les parents

Une salle de classe dans une école primaire.

Une salle de classe dans une école primaire. - -

Propagée, par SMS, une légende urbaine raconte que la théorie du genre serait enseignée en toute discrétion aux élèves et appelle au boycott de l'école un jour par mois. Le ministre de l'Education Vincent Peillon est intervenu en personne pour démentir.

C'est l'histoire d'une rumeur incroyable, diffusée par SMS la semaine dernière, qui a vidé plusieurs écoles de Meaux (Seine-et-Marne) lundi, et de Montbéliard (Doubs) vendredi. Des familles ont reçu la semaine dernière un SMS dénonçant l'"enseignement de la théorie du genre" à l'école.

En plus d'un appel au boycott, on peut y lire en substance, que "l'Education nationale va enseigner à nos enfants qu'ils ne naissent pas fille ou garçon comme Dieu l'a voulu mais qu'ils choisissent de le devenir. Avec des intervenants homos et lesbiennes qui viendront leur bourrer la tête d'idées monstrueuses..."

Sur Twitter, une jeune femme a publié le SMS en question:

@Europe1 j'ai moi-même reçu ce SMS. Démoralisant. #E1matin pic.twitter.com/8O5GOsq0db
— Emeline D'Anna (@Sh0upette) 28 Janvier 2014

Lancée par une proche de Soral

Selon Le Parisien, 20% des écoliers de la zone urbaine sensible de Meaux ont manqué la classe ce lundi matin. Les petits absents sont tous musulmans. A Rennes, selon Ouest France, des parents d'élèves de maternelle ont reçu des messages indiquant que des cours de masturbation étaient donnés à leurs enfants.

A l'origine de cette folle rumeur, l'appel national au boycott de l'école un jour par mois, lancé par Farida Belghoul, une proche de l'essayiste nationaliste Alain Soral. Selon elle, le programme "Les ABCD de l'égalité à l'école", inculquerait de façon masquée l'idéologie du genre aux petits, ce qui risquerait de les faire douter de leur identité sexuelle. Et ce, sans demander leur avis aux parents.

En réalité, ce dispositif n'a absolument rien à voir avec les questions de genre: il sera expérimenté à la rentrée dans 600 classes en France, après consultation des parents, pour transmettre aux petits la "transmission des valeurs d'égalité et de respect entre filles et garçons". Le syndicat majoritaire dans le primaire, le SNES-FSU a de son côté dénoncé "une foire aux fantasmes sur lesquels on brode pour distiller les peurs".

Peillon: "tout ça est absolument faux"

Pour rassurer les parents, le ministre de l'Education nationale Vincent Peillon a déclaré mardi qu'il n'y aurait pas d'enseignement de la théorie du genre à l'école, mais une "éducation à l'égalité fille-garçon".

"Il y a un certain nombre de parents qui, m'a-t-on dit, ont été inquiets, se sont laissé prendre à cette rumeur totalement mensongère selon laquelle (...) à l'école, on apprendrait aux petits garçons à devenir des petite filles", a déclaré le ministre de l'Éducation nationale en marge de l'installation du Conseil national d'évaluation du système scolaire (CNESCO) à la Sorbonne. "Tout ça est absolument faux, il faut cesser", a-t-il ajouté.

C.P.