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"Islamo-gauchisme": les présidents d'université dénoncent une "polémique stérile" initiée par Vidal

La ministre de la Recherche Frédérique Vidal quitte le palais de l'Elysee après le conseil des Ministres, le 23 septembre 2020 à Paris

La ministre de la Recherche Frédérique Vidal quitte le palais de l'Elysee après le conseil des Ministres, le 23 septembre 2020 à Paris - GEOFFROY VAN DER HASSELT © 2019 AFP

La ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal a annoncé demander au CNRS "un bilan de l'ensemble des recherches" qui se déroulent en France, après avoir dénoncé

Ils appellent à "élever le débat". Dans un communiqué publié ce mardi soir, la Conférence des présidents d'université (CPU) a fait part de "sa stupeur face à une nouvelle polémique stérile sur le sujet de l''islamo-gauchisme' à l'université", après l'annonce par la ministre Frédérique Vidal de demander une enquête du CNRS sur ce thème.

"Si le gouvernement a besoin d'analyses, de contradictions, de discours scientifiques étayés pour l'aider à sortir des représentations caricaturales et des arguties de café du commerce, les universités se tiennent à sa disposition", a-t-elle proposé.

Vidal veut une enquête du CNRS

Dimanche soir sur CNews, Frédérique Vidal avait pointé l'"islamo-gauchisme" qui, selon elle, "gangrène la société dans son ensemble et l'université n'est pas imperméable".

"Ce que l'on observe dans les universités c'est qu'il y a des gens qui peuvent utiliser leurs titres et l'aura qu'ils ont, ils sont minoritaires (...) pour porter des idées radicales ou pour porter des idées militantes", a-t-elle affirmé, provoquant une polémique sur les réseaux sociaux.

"J'ai été interrogée sur ce que l'on voit apparaître dans les universités à savoir des universitaires qui se disent eux même empêchés par d'autres de mener leur recherches, leurs études", a poursuivi la ministre de l'Enseignement supérieur lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale ce mardi.

Elle a précisé qu'elle allait demander au CNRS "un bilan de l'ensemble des recherches qui se déroulent dans notre pays, que ce soit les recherches sur le post-colonialisme par exemple". "J'ai été extrêmement choquée de voir au Capitole apparaître un drapeau confédéré et je pense qu'il est essentiel que les sciences humaines et sociales se penchent sur ces questions qui sont encore d'actualité", a-t-elle affirmé.

La CPU dénonce "l'instrumentalisation du CNRS"

Dans son communiqué, la CPU "s’étonne (...) de l’instrumentalisation du CNRS dont les missions ne sont en aucun cas de produire des évaluations du travail des enseignants-chercheurs, ou encore d’éclaircir ce qui relève 'du militantisme ou de l’opinion'". L'instance réclame des "clarifications urgentes" à la ministre.

"L’université n’est ni la matrice de l’extrémisme, ni un lieu où l’on confondrait émancipation et endoctrinement", avait-elle déjà rétorqué en octobre, après des propos similaires de Jean-Michel Blanquer. Le ministre de l'Éducation nationale avait dénoncé "l'islamo-gauchisme" qui fait selon lui "des ravages à l'université", prenant notamment pour cibles le syndicat étudiant Unef et La France Insoumise

M.D. avec AFP