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Fin des fermetures de classes après un cas de Covid-19: parents d'élèves et enseignants mitigés

Le port du masque est de nouveau obligatoire à l'école élémentaire à partir de lundi dans toute la France

Le port du masque est de nouveau obligatoire à l'école élémentaire à partir de lundi dans toute la France - FREDERICK FLORIN © 2019 AFP

Le gouvernement a annoncé ce jeudi la fin des fermetures automatiques de classes en primaire et maternelle en cas de détection d'une contamination.

C'est un changement de taille pour les établissements scolaires. Le gouvernement a annoncé ce jeudi que les classes de maternelle et de primaire ne seront plus tenues de fermer dès la détection d'un cas de contamination au Covid-19. Une règle déjà en vigueur au collège et au lycée. Dorénavant, les écoliers de maternelle et de primaire devront se faire tester lorsqu'un de leurs camarades sera positif au virus, et pourront réintégrer leur classe si leur test revient négatif.

Une information qui intervient à rebours du contexte de forte reprise épidémique, alors que mardi, le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer annonçait que 6000 classes étaient fermées dans l'Hexagone en raison du Covid-19. Selon nos informations, 8500 classes étaient fermées mercredi. Cette nouvelle mesure devrait mécaniquement faire baisser le nombre de fermetures.

Une forte dynamique épidémique est observée chez les enfants de 6 à 10 ans. En une semaine, le taux d'incidence au sein de cette tranche d'âge a augmenté de 148%.

Parmi les représentants des parents d'élèves et du personnel enseignant, le calendrier de cette nouvelle mesure interroge et provoque des réactions mitigées. Les organisations syndicales de l'Education nationale étaient conviées ce jeudi matin à une réunion avec le ministère, en amont de la conférence de presse gouvernementale de la mi-journée. Une autre réunion a eu lieu avec les représentants des parents d'élèves.

"C'est très contre-intuitif"

"Au vu du contexte, on trouve la mesure difficilement compréhensible", estime auprès de BFMTV.com Jean-Rémi Girard, président du Syndicat national des lycées et collèges (SNALC).

Jean-Rémi Girard rappelle que la stratégie adoptée est celle du dépistage réactif, qui consistera à tester toute la classe dès lors qu'un élève sera testé positif. "La question c'est, qu'est-ce qu'on fait en attendant?" s'interroge-t-il.

Dans les faits, si les résultats sont connus 24 heures après les tests, la classe pourra malgré tout être momentanément fermée en cas d'une seule contamination de Covid-19, selon le représentant syndical. Les fermetures de classe pour un cas de contamination "ne seront plus automatiques, mais il y en aura encore", explique-t-il.

Pour le syndicaliste, "c'est très contre-intuitif", au regard de la dynamique épidémique "qui progresse très vite, très fortement, avec un nombre de classe fermées qui est près de 8000".

"La justification n'est pas sanitaire, elle est pédagogique et sociale", observe Jean-Rémi Girard. "Ce qu'il disent, c'est que les autorités sanitaires valident (la stratégie), que ça évite des fermetures de classes, et que pour le fonctionnement de la société globale, c'est une mesure plus pratique pour tout le monde, et aussi face au risque de décrochage scolaire", relate l'enseignant.

Pour Olivier Toutain, président de la Peep (fédération des Parents d'élèves de l'enseignement public), "ces nouvelles mesures sont entendables". "Désormais, ce qu'ils veulent faire, c'est la généralisation des tests dans les classes quand un enfant ou un adulte aura été déclaré cas contact", soutient le représentant auprès de BFMTV.com.

Cette mesure avait été testée dans dix départements auparavant. "Ca a permis de ne pas fermer 400 classes sur 700", a indiqué le ministère à Olivier Toutain ce jeudi matin.

"On essaye de garder les enfants au maximum à l'école, mais pour ça on prend les précautions d'usage de façon à vérifier qu'il n'y en a pas d'autres qui sont malades", résume le parent d'élève. "Vu ces éléments-là, on considère que ce sont des précautions supplémentaires", argue-t-il, faisant valoir le fait que "les familles se plaignent que les enfants reviennent à la maison alors qu'ils n'ont rien".

Toutefois, "si on ne peut pas maintenir les enfants dans de bonnes conditions en classe, à ce moment-là oui, il vaut mieux fermer la classe", tranche Olivier Toutain. "On ne fait pas de l'automatisme 'on renvoie à la maison', on fait de l'automatisme 'on teste'. On est dans quelque chose de plus rationnel", juge-t-il.

A noter que si la circulation du virus est très active chez les enfants de moins de 12 ans, la vaccination contre le Covid-19 n'est pas autorisée par les autorités françaises pour cette classe d'âge. Dans le monde, des pays comme Israël et les Etats-Unis ont déjà étendu la campagne vaccinale à cette tranche d'âge.

Clarisse Martin Journaliste BFMTV