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Coronavirus: le casse-tête des examens dans l'enseignement supérieur

Un amphithéâtre de l'université de Rouen-Normandie à Mont-Saint-Aignan en octobre 2017 (photo d'illustration)

Un amphithéâtre de l'université de Rouen-Normandie à Mont-Saint-Aignan en octobre 2017 (photo d'illustration) - Charly Triballeau-AFP

Pour les 2,7 millions d'étudiants français, le coronavirus a complètement chamboulé les examens de fin d'année. Tandis que le contrôle continu et la visioconférence sont envisagés dans certaines filières, d'autres plus sélectives ont tout simplement supprimé le concours d'entrée.

Report des examens, suppression des écrits, oraux en visioconférence… L’organisation des examens de fin d’année des quelque 2,7 millions d’étudiants français est devenue un vrai casse-tête pour les directions d’établissements supérieurs.

En raison du confinement dû à la pandémie de coronavirus, la plupart des partiels ne pourront se tenir comme prévu les deux premières semaines de mai dans les universités. Dans les écoles privées également, le virus a complètement chamboulé le calendrier initial. Les autorités ont deux priorités en tête: s’assurer d’une égalité de chance de tous les étudiants sur le territoire et éviter d’ajouter de l’inquiétude à une période déjà stressante pour ces derniers. 

"Nombre d’étudiants ont besoin de travailler l’été"

Pour la majorité des établissements, les examens de fin d’année devaient se dérouler durant la première quinzaine de mai. Ce calendrier semble désormais impossible à tenir, alors que le déconfinement n’est même pas encore d’actualité. Dans le cas où celui-ci s’effectuerait région par région, il pourrait y avoir des inégalités entre des étudiants d’une même filière mais ne vivant pas sur le même territoire.

Reporter les examens ne semble pas davantage envisagé. En effet, les étudiants en licence ont besoin de leurs résultats le plus tôt possible pour postuler en Master pour la rentrée suivante. Déborder les examens sur le mois de juin est également une option repoussée par les syndicats étudiants. "Nombre d’étudiants ont besoin de travailler l’été pour financer leurs études", souligne au quotidien La Croix, Orlane François, présidente de la Fage.

Dès lors, quels choix s’offrent aux directions? Grâce au décret du 27 mars, elles ont la possibilité d’organiser les examens à distance. C’est ainsi la solution privilégiée par de nombreuses universités, comme celle de Cergy-Pontoise:

"Nous invitons tous les enseignants qui le peuvent à remplacer les examens finaux par du contrôle continu en donnant des devoirs, des quiz ou des projets à rendre", explique son président François Germinet, à La Croix

Filmer l'élève en continu?

La visioconférence est également une piste envisagée: "On peut, par exemple, imaginer de remplacer les écrits par des oraux en visioconférence", propose au Parisien Pierre Beust, conseiller en charge du dossier à la direction générale de l'Enseignement supérieur, et vice-président de l'université de Caen-Normandie.

Côté privé, "certaines écoles commencent à s’intéresser de près à des outils qui permettent de filmer l’élève en continu, de le prendre en photo régulièrement ou de vérifier a posteriori qu’il était bien en permanence devant son ordinateur pendant l’épreuve pour limiter les risques de triche", indique à La Croix Laurent Champaney, directeur général des Arts et Métiers et vice-président de la Conférence des grandes écoles.

Les concours des IEP annulés

Pour plusieurs voix sélectives, la décision a été plus radicale puisque les concours ont tout simplement été annulés. C’est notamment le cas des Instituts d’études politiques (IEP), du concours commun des écoles de commerce et d’ingénieurs postbac, qui sélectionneront leurs futurs étudiants avec le dossier de Parcoursup.

Concernant le concours Sésame, qui rassemble 14 écoles de management, les candidats seront choisis en fonction des bulletins de première et terminale, avec consultation de la fiche Avenir, qui rassemble les appréciations de l’équipe enseignante, d’après Le Figaro.

Pour ce qui est des classes préparatoires pour les entrées aux Grandes écoles, les épreuves écrites ont été reportées à une date encore indéterminée. Quant au BTS enfin, il sera évalué pour cette année seulement avec le contrôle continu. 

Mise en place d'un comité opérationnel de pilotage

Difficile de s'y retrouver entre toutes les filières. Un comité opérationnel de pilotage a toutefois été mis en place au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche pour s’assurer du bon déroulement des concours et examens nationaux. Il est présidé par Caroline Pascal, actuelle doyenne de l’Inspection générale de l’Education, du sport et de la recherche, qui aura pour mission de s'assurer "qu’aucun étudiant ne soit pénalisé".

"Dans l’enseignement supérieur, les enseignants sont actuellement pleinement mobilisés pour assurer la continuité pédagogique et je tiens à les en remercier. On assiste à une mobilisation exceptionnelle de leur part, au service de notre jeunesse", avait récemment souligné sur l’antenne de BFM Business la ministre de tutelle, Frédérique Vidal.
Esther Paolini