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Contre les fautes d'orthographe, il y a Voltaire

Les universités mettent en avant l'obtention d'un certificat pour faire remonter le niveau des étudiants en orthographe (photo d'illustration).

Les universités mettent en avant l'obtention d'un certificat pour faire remonter le niveau des étudiants en orthographe (photo d'illustration). - Capture vidéo du Projet Voltaire

Ce n'est plus un secret. L'orthographe est devenue une denrée rare chez les étudiants français. Pour y remédier, les universités françaises misent sur un nouveau diplôme, le certificat Voltaire. Un atout auprès des recruteurs.

Terminée, la trêve hivernale des étudiants. Place aux partiels. Dès ce lundi, ils sont plus de deux millions à rejoindre les bancs des amphithéâtres des universités et grandes écoles. Mais s’ils excellent en économie ou en mathématiques, rares sont ceux à rendre une copie sans faute (d’orthographe) à leur professeur. Alors depuis 2008, des experts en orthographe et des programmeurs informatiques joignent leurs forces au sein du projet Voltaire pour endiguer la peur du participe passé et offrir aux étudiants une certification en orthographe.

Ce projet au nom d’un ponte de la langue française est né dans les rangées de code de l’entreprise Woonoz, spécialiste de des outils d'ancrage mémoriel. "Plusieurs entreprises qui connaissent la technologie que nous proposons nous ont demandé de créer un outil de formation en orthographe pour leurs salariés", explique Pascal Hostachy, fondateur du projet Voltaire. Car l’enjeu est bien économique: un email rempli de fautes envoyé à un client peut nuire à l’image d’une entreprise. "80% des recruteurs y sont sensibles, précise Pascal Hostachy. L'orthographe est un marqueur fort sur le CV."

800 établissements partenaires

Alors forcément, il fallait trouver une idée pour donner à la langue française un équivalent aux TOEFL et autres diplômes de langues étrangères. C'est le projet Voltaire. Un outil de remise à niveau dont le succès a pris une telle ampleur que 800 écoles, dont une soixantaine d'universités, ont décidé de l'offrir à leurs étudiants, pour un coût de 30 euros par personne (au lieu de 60 euros pour les particuliers et entreprises). Avec à l'issue, l'obtention d'un certificat d'orthographe.

195 questions et deux lignes de dictée

Mais avant de l'épingler fièrement sur son CV, il faudra s’entraîner. Car le niveau orthographique des élèves est loin d’être élevé, et ce même en faculté. Woonoz donne ainsi accès à une plateforme en ligne, sur laquelle les étudiants peuvent s’entraîner, en plus de leurs cours de français. Le jour J, c’est sur papier qu’ils passeront toutefois l’examen. Un long QCM de 195 phrases dont il faut repérer les erreurs, surmonté de deux petites lignes de dictée, "pour être certain que la personne sait écrire deux lignes", précise Pascal Hostachy. Et pour le remplir ? "Vous avez trois heure", ajoute-t-il.

Au total, il existe 200 centres d’examens en France pour obtenir ce certificat, concocté par des experts en orthographe. Parmi les membres du comité chargé de préparer les questions, Bruno Dewaele, l’unique champion du monde d’orthographe. "Il relit tous les exercices, explique Pascal Hostachy. "On se doit d’être irréprochables".

Mais ce n’est pas Bruno Dewaele qui corrige les copies, ni même un autre professeur de français. Encore moins des yeux humains. Tout est vérifié grâce au logiciel mis au point par Woonoz, qui permet de déceler les difficultés de chacun, tout en leur donnant une note. Et un certificat déjà largement reconnu des recruteurs.

Aude Deraedt