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Collège: six Français sur dix approuvent la grève des enseignants

Selon un sondage, 60% des Français affirment soutenir la journée de mobilisation des enseignants contre la réforme du collège.

Selon un sondage, 60% des Français affirment soutenir la journée de mobilisation des enseignants contre la réforme du collège. - Jean-Philippe Ksiazek - AFP

A la veille de la grève des enseignants contre la réforme du collège, 60% des Français disent soutenir leur journée d'action, selon un sondage Odoxa.

La réforme du collège n'a pas fini de faire parler d'elle. Alors que plusieurs syndicats d'enseignants ont lancé un appel à la grève mardi contre le projet porté par Najat Vallaud-Belkacem, un sondage Odoxa pour Les Echos, Radio Classique et le cabinet FTI Consulting révèlent que six Français sur dix soutiennent leur mouvement.

Selon l'étude, 60% des personnes interrogées qualifient de "justifiées" les manifestations prévues et 39% pensent le contraire. Parmi les sympathisants de gauche, ils sont 44% à les trouver "justifiés" et 55% les jugent injustifiées. A droite, 72 % des sympathisants soutiennent le mouvement contre 27% qui y sont opposés.

Au sein de la population, les manifestations sont particulièrement soutenues par les femmes (65%) et les jeunes (72% des 18-24 ans), mais aussi par les catégories les plus modestes: les deux tiers des Français disposant de moins de 1.500 euros par mois soutiennent les enseignants.

Les résultats se dégradent en fin de collège

Parmi les syndicats qui appellent à la grève mardi, le Snes-FSU, majoritaire dans l'enseignement secondaire, se retrouvera aux côtés du Snalc, de FO, de la CGT et de Sud. Ils représentent ensemble 80% des votes des enseignants du collège lors des élections professionnelles de décembre dernier, auxquelles avaient pris part quelque 40% des professeurs.

Malgré les protestations, Najat Vallaud-Belkacem estime que la réforme est impérative en raison de la dégradation des résultats moyens en fin du collège, soulignée par des études internationales. Les écarts entre les bons élèves et les moins bons se creusent sur cette période, et l'origine sociale pèse sur le destin scolaire des petits Français bien plus que dans les autres pays de l'OCDE.

Valls défend la réforme et la ministre

Dimanche soir, le Premier ministre lui-même s'est fendu d'une tribune publiée sur le site de Libération pour défendre le projet et sa ministre. "La réforme du collège en est une nouvelle étape. Elle est portée avec courage et sens du dialogue par Najat Vallaud-Belkacem, première femme ministre de l'Education nationale. Elle sait de quoi elle parle - pour en être un exemple - quand elle défend une école moteur de l'ascension sociale", écrit-il à propos de sa ministre, objet de nombreuses attaques à droite.

Manuel Valls se dit "surpris" par les critiques. "Le débat n'est pas entre 'élitisme' et 'égalitarisme'. Il est entre ceux qui pensent que certains peuvent réussir uniquement si l'on condamne une partie de nos enfants à l'échec, et ceux qui pensent que tous peuvent - et méritent - de réussir. Entre une vision conservatrice de l'école, et une vision réellement républicaine, à la fois exigeante, méritocratique et généreuse". Il appelle enfin "à nous retrouver sur l'essentiel: l'intérêt de nos enfants. C'est la seule chose qui doit compter", conclut-il.

A. K. avec AFP