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Accusations d'islamophobie à Sciences Po Grenoble: l'Unef déplore "des méthodes inappropriées"

La présidente du syndicat étudiant s'est dit opposé à la pratique de l'affichage des noms. Elle a en outre reproché à l'un des professeurs d'avoir renvoyé de son cours plusieurs étudiants syndiqués.

La polémique autour de l'IEP de Grenoble prend une nouvelle dimension. Invitée ce lundi sur BFMTV, Mélanie Luce, la présidente de l'Unef, a esquissé un mea culpa. Le syndicat étudiant est pointé du doigt ces derniers jours, après que sa branche locale a relayé sur les réseaux sociaux un collage accusant nommément plusieurs professeurs d'islamophobie.

Dans un premier temps, cette dernière a rappelé que l'Unef n'était pas à l'origine de cet affichage sur les murs de l'établissement grenoblois, organisé après un cours sur l'islam tenu le 27 février.

"Ce ne sont en aucun cas des méthodes appropriées d’afficher des noms. C’est un affichage qu’on ne soutient pas, car cela ne correspond pas à nos méthodes et cela comporte un risque de vindicte sur les professeurs. La section locale dit qu’elle s’en est rendue compte, et a retiré parce que en aucun cas il n'y a volonté de mettre en danger sciemment", explique-t-elle.

Exclusions abusives?

Cependant, dans ce complexe dossier, cette même Mélanie Luce a indiqué que plusieurs éléments manquent, dont "l’exclusion de plusieurs étudiants, exclus par un des enseignants au motif qu’ils avaient des idées divergentes". "Ils ont reproché des propos à l’enseignant, ils ont été exclu de cours", affirme-t-elle.

"On leur refuse le cours parce qu’ils n’ont pas les mêmes opinions. C’est contraire à la liberté d’expression et à la Constitution française", a-t-elle assuré, ajoutant une nouvelle fois que sur le fond du dossier, "l'Unef n’a rien à voir avec cette affaire."

Une plainte classée pour discrimination syndicale

Le 27 février, l'Union syndicale Sciences Po Grenoble (US) - le premier syndicat étudiant de l'IEP - avait porté plainte pour "discrimination syndicale" contre l'un des deux professeurs visés par les affichages, plainte depuis classée sans suite.

Ce dernier, dans un email à ses élèves dont l'AFP a obtenu copie, demandait effectivement aux étudiants appartenant au syndicat "de quitter immédiatement (ses) cours et de ne jamais y remettre les pieds".

L'un de ses cours, intitulé "Islam et musulmans dans la France contemporaine", avait été visé quelques jours auparavant par un appel sur Facebook de l'Union Syndicale, demandant aux étudiants de témoigner sur d'éventuels "propos problématiques" qui y auraient été tenus. Le syndicat expliquait notamment qu'il souhaitait "retirer" cet enseignement "des maquettes pédagogiques pour l'année prochaine si lors de ce cours des propos islamophobes y étaient dispensés comme scientifiques".

C'est "un appel à la délation" avec pour conséquence "une situation de danger grave et imminent", estimait l'avocat du professeur du cours, Me Eric le Gulludec.

Enquête pour "injure publique"

À la suite du signalement de la direction jeudi passé, une enquête a été ouverte "pour injure publique envers un particulier par parole, écrit, image ou moyen de communication au public par voie électronique, (...) et dégradation ou détérioration légère de bien destiné à l'utilité ou la décoration publique par inscription, signe ou dessin" en raison du collage.

Les deux délits sont punis respectivement de 12.000 et 15.000 euros d'amende.

https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier Journaliste BFMTV