BFMTV

Échauffourées à Toulouse: des "casseurs" condamnés à de la prison

Des manifestants à Toulouse, samedi dernier.

Des manifestants à Toulouse, samedi dernier. - Remy Gabalda - AFP

Quatre manifestants ont été jugés à Toulouse lundi après les violents heurts samedi lors d'un événement en mémoire de Rémi Fraisse, tué à Sivens.

Quatre jeunes hommes ont été jugés en comparution immédiate lundi, à Toulouse. Deux d'entre eux, âgés de 26 ans, étaient accusés d'avoir jeté des pierres aux policiers samedi lors d'un rassemblement en mémoire de Rémi Fraisse, tué sur le site du barrage de Sivens. Tous deux ont nié les faits, et sont ressortis libres du tribunal après avoir été condamnés à des peines de un à deux mois de prison ferme (6 mois dont 4 avec sursis et 4 mois dont 3 mois avec sursis et mise à l'épreuve de deux ans).

Un troisième homme, âgé de 37 ans, arrêté en possession d'un pistolet d'alarme non chargé, a été condamné à la seule confiscation de l'arme. Le tribunal a accepté l'explication selon laquelle il rapportait ce pistolet à un ami, et s'était trouvé pris dans la manifestation par hasard.

Un jeune maintenu en détention

La justice a été moins clémente avec un quatrième jeune homme âgé de 21 ans. Celui-ci a obtenu un délai pour préparer sa défense, mais a été maintenu en détention jusqu'à la date de son procès, prévu le 15 décembre. Un report décidé au vu de la longue liste des faits qui lui sont reprochés, et qu'il a admis devant les enquêteurs: jets des pavés et de parpaings en plusieurs lieux du centre de Toulouse, et dégradations de deux agences bancaires notamment.

Le jeune homme qui reste en prison, apprenti boulanger à Cahors, avait été arrêté pendant les échauffourées alors qu'il portait un masque à gaz et une caméra miniature fixée sur son casque, selon le rapport fait à l'audience. "Il ne s'était pas équipé pour participer à une simple manifestation, il voulait garder le souvenir de ses exploits, cette mise en scène marque une volonté de troubler l'ordre public et de manière exceptionnelle", a estimé le représentant du Parquet, Jean-Michel Peltier.

D'autres comparutions immédiates prévues

L'avocate du jeune homme, Me Claire Dujardin, qui défend régulièrement les opposants au projet de barrage de Sivens, dans le Tarn, a expliqué avoir besoin de temps pour "comprendre et connaître" son client et a plaidé en vain sa remise en liberté en invoquant ses "garanties de représentation, un logement et un travail à Cahors". Le jeune homme a expliqué qu'il "n'avait pas voulu blesser les policiers", qui avaient obtenu "un jour d'incapacité temporaire totale (ITT)". 

Pour mémoire, samedi, une manifestation de 600 personnes contre "les violences policières" et "en mémoire de Rémi Fraisse", mort sur le site du barrage contesté de Sivens, s'était d'abord déroulée dans le calme, place du Capitole. Puis des heurts violents avaient éclaté dans le centre de Toulouse, des groupes mobiles de manifestants déterminés affrontant les 300 policiers et gendarmes déployés. Seize personnes avaient été arrêtées, dont deux ont été relâchées sans poursuites. D'autres comparutions immédiates sont prévues dans les prochains jours et certains manifestants pourraient être convoqués devant le tribunal dans les prochains mois.

A. G. avec AFP