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Des mineurs isolés de la "jungle" de Calais, accueillis dans un centre, ont repris la route

Ils étaient 40. Ils ne sont plus que 18. La majorité des mineurs isolés accueillis dans le centre d'hébergement de Saxon-Sion, en Meurthe-et-Moselle, ont préféré reprendre la route.

Dès le lendemain de leur arrivée, la moitié a préféré repartir. Le centre d'hébergement qui reçoit habituellement touristes et groupes scolaires à Saxon-Sion, en Meurthe-et-Moselle, a accueilli la semaine dernière 40 mineurs isolés, tout juste arrivés de la jungle de Calais. Mais certains d'entre eux n'ont pas pris le temps de défaire leurs bagages. Dès le lendemain matin, la plupart a repris la route vers le Nord de la France.

"J'ai manqué d'en taper quatre le matin dans le brouillard parce qu'ils partaient, c'est un peu dangereux", témoigne pour BFMTV un riverain. "Certains ne voulaient pas rester ici et veulent absolument aller en Angleterre. Ces gens, est-ce qu'on leur a posé la question déjà s'ils voulaient venir ici?" s'interroge un autre.

"Ils sont libres d'aller et venir"

Face à la dangerosité de la situation, le conseil départemental en charge de leur hébergement a accompagné certains jusqu'à la gare de Nancy, à une demi-heure du centre. Aujourd'hui, ils ne sont plus que 18 hébergés dans cette structure. En ce moment, ils sont évalués pour connaître leur âge et leurs éventuelles attaches en France ou au Royaume-Uni. Un processus qui dure une quinzaine de jours. Durant cette période, ces mineurs ne sont pas enfermés derrière les murs du centre.

"Dans la période intermédiaire où ils ne sont pas encore évalués, ce qui peut se produire aussi dans d'autres circonstances, ils sont libres d'aller et venir", indique pour BFMTV Agnès Marchand, vice-présidente du conseil départemental en charge de l'enfance.

"Ce n'est pas un centre de détention"

Il s'est passé la même chose à Fouras-les-Bains, en Charente-Maritime. Sur les 22 migrants arrivés en fin de semaine dernière dans un centre d'accueil, la moitié avait déjà pris la poudre d'escampette quelques jours plus tard. Sylvie Marcilly, la maire LR de cette petite commune de 4.000 habitants, est elle aussi dépassée par les événements.

"On n'a pas les structures pour les surveiller nuit et jour, a-t-elle déploré sur RMC. Ce n'est pas une prison. Ce n'est pas un centre de détention. Aujourd'hui, je suis complètement démunie. Qu'est-ce que vous voulez que je dise à ces jeunes? Ils ont quitté leur pays avec une mission, un but, un objectif: aller en Grande-Bretagne. Ils n'ont que ça en tête. Je suis donc totalement impuissante devant cette situation".

Des liens familiaux au Royaume-Uni

Le centre de Saxon-Sion peut accueillir 40 personnes au total. Mercredi soir, ce sont donc 22 nouveaux mineurs non accompagnés qui sont arrivés. Ils seront cette fois escortés d'agents de l'immigration britannique afin d'organiser leur départ outre-Manche pour ceux qui seront éligibles.

En début de semaine, le ministère de l'Intérieur a signé un accord avec le Royaume-Uni. Ce dernier s'est engagé à accueillir les mineurs non accompagnés qui auraient des liens familiaux dans le pays.

Céline Hussonnois-Alaya avec Annabelle Rouleau et Kevin Drouant