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Des étudiantes avec un "Sugar Daddy": l'affiche polémique circule dans Paris

Les affiches sont installées à proximité des universités (image d'illustration).

Les affiches sont installées à proximité des universités (image d'illustration). - AFP

Le site internet RichMeetBeautiful propose de mettre en contact des étudiants et étudiantes avec des femmes ou des hommes riches, les "Sugar Mama" et les "Sugar Daddy".

Un camion publicitaire qui n'est pas passé inaperçu surtout en plein scandale Weinstein qui a provoqué une libération de la parole sur le harcèlement sexuel avec le mot-dièse #Balancetonporc. Le site RichMeetBeautiful, qui propose de mettre en relation des étudiantes avec des hommes et des femmes mûrs contre rémunération, a lancé lundi sa campagne publicitaire en France. Une promotion à coup d'affiches qui a crée la polémique.

Sur des remorques publicitaires, ces affiches ciblent "les étudiant(e)s" et sont donc présentes aux abords des universités. "Romantique, passion et pas de prêt étudiant. Sortez avec un Sugar Daddy/Sugar Mama", entendez "des hommes et des femmes à succès, qui savent ce qu'ils veulent". "L'argent n'est pas un problème, ils savent se montrer généreux lorsqu'il s'agit de soutenir une Sugarbaby", précise encore le site.

"Publicité honteuse"

La présence de ces affiches dans les rues de Paris a rapidement fait réagir. Bruno Julliard, premier adjoint à la Mairie de Paris a dénoncé une opération "abjecte". Les services de la maire, Anne Hidalgo, ont fait savoir qu'il condamnait "avec fermeté cette publicité honteuse" et qu'ils travaillaient, en coordination avec la préfecture de police de Paris, pour les faire retirer.

Dans le même temps, le groupe écologiste du Conseil de Paris a interpellé le gouvernement, dont Frédérique Vidal, la ministre de l'Enseignement supérieur et Marlène Schiappa, la secrétaire d'Etat en charge de l'égalité entre les femmes et les hommes. "Ce site n'est rien d'autre qu'un outil incitant à la prostitution et, comme plate-forme se rémunérant sur les mises en relations, son rôle approche du proxénétisme", écrivent les élus qui signalent la présence de l'une des affiches près de l'université Paris-Descartes, dans le VIe anniversaire. Les Ecologistes réclament alors "l'interdiction du site et les publicités qui en sont faites dans l'espace public".

Une mesure de ce type a été prise en Belgique où la même polémique avait fait rage. Le parquet de Bruxelles a ouvert une enquête, à la fin du mois de septembre, et plusieurs communes bruxelloises et la ville de Louvain ont interdit la campagne publicitaire, explique Le Soir. Le directeur du site, le Norvégien Sigurd Vedal, avait alors fait le choix de faire retirer les affiches.

J.C.