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Des élèves "badgent" à l'école: les parents inquiets

Les élèves des deux écoles, à Agen, doivent "badger" trois fois par jours.

Les élèves des deux écoles, à Agen, doivent "badger" trois fois par jours. - -

Deux écoles élémentaires à Agen, dans le Lot-et-Garonne, se sont lancées dans une expérimentation qui inquiète les parents. Les élèves doivent "badger" dans le but de mieux organiser les repas à la cantine ainsi que les activités périscolaires.

Trois fois par jours, les élèves scolarisés dans ces deux écoles agenaises doivent "badger". Ils sont munis d'une carte, qu'ils passent dans une machine, qui détermine la présence de l'élève lors des repas, et l'inscription à la garderie du soir ou aux activités périscolaires. Ces informations sont directement transmises à la mairie de la ville.

Un système qui inquiète les parents d'élèves

L'expérience soulève de vives réactions. Les parents des "petits" concernés mais aussi quelques enseignants craignent un "fichage" des élèves, une sorte de catégorisation. Certains parlent même d'un "flicage" de leurs enfants. Une mère anonyme d'un élève de l'établissement en question a dit s'interroger "sur leur volonté, sur ce que ça peut venir chercher en termes de contrôle".

Une autre mère déplore la transparence des informations personnelles des parents d'élèves: avec ce dispositif, la mairie pourrait chercher à connaître "la catégorie socio-professionnelle des parents, savoir s'ils sont sans-papiers, etc. Et ça, ça ne nous regarde pas", dit une mère d'élève.

La mairie réfute et se défend

"Actuellement on est sur la carte scolaire: je connais le nombre d'enfants que j'ai inscrits dans chaque école donc je ne vois pas où est le problème. L'intérêt était surtout dans la vérification des enfants inscrits en activités périscolaires en termes de responsabilités parce qu'avec la réforme des rythmes scolaires l'année prochaine, ça va être difficile", a expliqué Maïté François, maire adjointe d'Agen, chargée de l'éducation.

La mairie justifie la présence de ce système par la volonté de faciliter l'organisation à la cantine, présence des élèves et réservations des repas, mais aussi la volonté de mieux gérer la facturation des activités périscolaires. Le système existe déjà dans plusieurs villes de France et notamment à Bordeaux. A Agen, il devrait être généralisé à la rentrée de septembre, à l'occasion de la réforme des rythmes scolaires.

M.C (Vidéo: Grégoire Pelpel et Maxime Meunier)