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Des déguisements "africain" et "zoulou" toujours disponibles à la vente sur Internet

Une manifestation contre le racisme à Paris le 18 février 2017 (photo d'illustration)

Une manifestation contre le racisme à Paris le 18 février 2017 (photo d'illustration) - Lionel Bonaventure-AFP

Des panoplies avec pagne en raphia, os dans les cheveux, perruque afro et "blackface" sont toujours disponibles sur plusieurs sites de vente en ligne malgré de précédentes controverses.

Malgré les polémiques, il est toujours possible d'acheter sur certains sites commerciaux des déguisements présentés comme "africain" ou "zoulou". C'est le cas sur les sites de vente en ligne Cdiscount, Ruedelafete, Priceminister et Fête-en-folie. 

Perruque afro et "blackface"

Dans ces panoplies, on trouve des boubous ou des tuniques de couleurs vives, des pagnes et jambières avec franges de raphia, des os dans les cheveux ou en collier autour du cou. Et, pour certains, des "blackface". Certains visuels de présentation, particulièrement caricaturaux, sont agrémentés d'une perruque afro ou d'un sceptre orné d'un crâne.

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Pourtant, en mai 2017, ces mêmes "sets africains" avec blackface et os dans le nez avaient déjà fait polémique. La Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme et le Conseil représentatif des associations noires de France (Cran) avaient interpellé Deguisetoi.fr et exigé leur retrait. Ce qui avait été fait. Le site de vente en ligne avait assuré être "sincèrement désolé que ces produits aient pu heurter les sensibilités".

"C'est du mépris pour les Noirs"

Louis-Georges Tin, le président du Cran, regrette qu'il soit si difficile de changer les mentalités et de faire disparaître pour de bon ces panoplies. "Ce type d'objets est présent sur beaucoup de site", remarque-t-il, joint par BFMTV.com. "C'est fatiguant de devoir systématiquement en faire la chasse."

"C'est du mépris pour les Noirs. Les gens estiment que ce n'est pas grave, mais c'est du racisme. C'est avec le 'blackface' qu'on a rendu le crime contre l'humanité acceptable en Europe en expliquant aux gens que les Africains étaient des êtres inférieurs, ridicules, grotesques et que par conséquent on pouvait leur appliquer des traitements inhumains, puisqu'ils n'étaient pas humains. Le 'blackface' n'est simplement un acte raciste, il est lié à l'esclavage. S'y adonner est grave."

Cdiscount, "désolé que cela ait pu blesser ou froisser", a annoncé ce mardi soir retirer ces articles de la vente.

La "Nuit des noirs" de Dunkerque

Au mois de décembre dernier, le joueur de football Antoine Griezmann avait dû s'excuser après avoir posté une photo de lui maquillé d'une couleur brune de la tête aux pieds, affublé d'une tenue de basket et d'une perruque afro. Présenté comme un hommage aux Globetrotters de Harlem, ce costume avait déclenché la colère des internautes.

Pour le Cran, le "blackface" est une pratique raciste qui date du 19e siècle. "Les spectacles de 'blackface' ont été créés à l'époque de la traite transatlantique par des hommes blancs désireux de se moquer des esclaves", expliquait déjà le Conseil représentatif des associations noires de France fin 2016.

Il y a une quinzaine de jours, cette association a saisi le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU pour que la "Nuit des noirs" organisé par des particuliers à Dunkerque dans le cadre du carnaval soit interdite. Ce bal, pour lequel ses participants se griment le visage de couleur brune et portent des panoplies du même type, doit avoir lieu le 10 mars prochain.

Céline Hussonnois-Alaya