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Démantèlement de la "Jungle": la maire de Calais se réjouit timidement

Interrogée sur BFMTV, l'élue Les Républicains de Calais Natacha Bouchart juge que la première journée de démantèlement du bidonville "peut paraître réussie". Mais elle reste très prudente sur la suite des événements.

Elle se satisfait timidement des débuts du démantèlement de la "Jungle" de Calais. Alors que des dizaines de cars de migrants ont quitté le camp ce lundi, la maire Les Républicains de la ville, Natacha Bouchart, a salué sur BFMTV "une opération qui pour une première journée qui peut paraître réussie".

"Il y a encore contestation sur les chiffres mais on peut considérer que 1.500 départs volontaires ont été effectués", a-t-elle indiqué.

Mais le plus dur reste à faire, estime l'édile. "L'opération s'est plutôt bien déroulée tout au long de la journée", a-t-elle jugé, "reste à voir dans les heures qui viennent et les jours qui suivent comment les choses vont se passer, si la base du volontariat reste toujours la même, ou si on a un affaiblissement des volontaires au départ."

"Je crains des affrontements"

Sur les quelque 6.000 à 8.000 personnes qui vivent dans le bidonville, il risque selon elle d'y avoir des migrants qui refuseront de partir, comme le pense notamment l'association l'Auberge des migrants. "Je crains un chiffre un peu supérieur à celui de 2.000" personnes qui ne voudront pas quitter la Jungle. "Je crains des affrontements, j'espère me tromper".

"Les forces de l’ordre resteront tant qu’il le faut", a-t-elle ajouté.

"Provocation"

Toutefois, l'élue s'est plainte d'avoir été "complètement" tenue à l’écart de l'organisation du démantèlement. "J’ai été tenue informée du dispositif jeudi dernier, la presse jeudi après-midi.", a-t-elle dit.

"Jusqu'alors, la mairie de Calais et le maire que je suis ont toujours été partenaires sur ce sujet difficile. C'est un sujet qui doit être collaboratif. Je regrette vraiment que l'on ne nous ai que communiqué le dispositif (...).C'est un petit peu de la provocation. Moi je souhaite que les choses se passent le mieux possible." 

"C'est une provocation par rapport au maire Les Républicains que je peux être. Il y a toujours eu des relations de confiance puis d’un coup d’un seul on organise un dispositif de démantèlement que je demande depuis le mois de mars". Et puis quand le démantèlement a lieu, "on n'est plus du tout associés ni concertés. (...) Ca n'est pas une façon de traiter un maire et sa fonction," a-t-elle déploré.
Violette Robinet