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Déconfinement: des soignants de l'hôpital de Mulhouse "révoltés" par les images de Paris

Des soignants à l'hôpital de Mulhouse le 29 avril dernier.

Des soignants à l'hôpital de Mulhouse le 29 avril dernier. - SEBASTIEN BOZON / AFP

Du personnel soignants de l'hôpital de Mulhouse a appelé les Français à la responsabilité, après avoir vu les images de Parisiens réunis sur les bords du canal Saint-Martin pour profiter des premiers jours de déconfinement.

Des soignants de l'hôpital de Mulhouse, particulièrement touché par l'épidémie de coronavirus, ont dit mercredi leur "effroi" face aux images "révoltantes", notamment à Paris, de personnes faisant fi des distanciations physiques lors des premiers jours de déconfinement.

"Ces comportements qu'on peut observer, ça génère de l'inquiétude (...) Une deuxième vague n'est pas exclue", a déclaré lors d'une conférence de presse le Dr Philippe Guiot, directeur médical du pôle de Médecine intensive de l'hôpital de Mulhouse.

Appel à une "attitude citoyenne collective"

"Mon inquiétude en tant que médecin, c'est de voir ces comportements qui peuvent conduire à une augmentation de malades contaminés, en étant conscient que les équipes soignantes sont quand même dans un état de fatigue très avancé, pour ne pas dire d'épuisement", a-t-il ajouté.

Interrogé sur ce qu'elle ressentait face aux images de personnes se rassemblant en masse pour profiter du déconfinement, comme lundi soir à Paris sur les berges du canal Saint-Martin, Corinne Krencker, directrice de l'établissement, a fait part de son "effroi" et de son sentiment de "révolte", insistant sur le respect des mesures barrière.

Président de la Région Grand Est et urgentiste de formation, Jean Rottner a lui aussi appelé à une "attitude citoyenne collective", que ce soit "à Paris, en Alsace ou sur les plages de l'Atlantique".

L'hôpital militaire de Mulhouse plie bagage

Les images du déconfinement "sont tout aussi terribles" que celles diffusées en mars, au début de l'épidémie, montrant les Parisiens profitant du soleil dans des parcs de la capitale, a ajouté Jean Rottner.

Situé dans le Haut-Rhin, l'un des premiers et principaux foyers de l'épidémie en France, l'hôpital Emile-Muller de Mulhouse a fermé mardi son dernier service créé spécialement et dans l'urgence pour la prise en charge de patients Covid.

Avec désormais 36 lits de réanimation, l'établissement retrouve sa capacité habituelle. Mais la situation reste fragile, notamment dans l'hypothèse d'une deuxième vague de patients Covid : sur les 35 lits occupés, "27 patients sont en réanimation pour des motifs de type Covid", a précisé Corinne Krencker.

D'autant que l'hôpital militaire déployé pendant plusieurs semaines sur l'un de ses parkings de l'établissement civil pour lui prêter main forte face à l'épidémie n'accueille plus de patients et pliera bagage le 21 mai.

"On regrette que l'EMR (Elément militaire de réanimation, ndlr) s'en aille. Après, on peut comprendre qu'ils aient d'autres missions", a admis, manifestement émue, Corinne Krencker.
Jeanne Bulant avec AFP