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Décès d'un participant à un apéritif géant à Nantes

Apéro géant mercredi soir à Nantes. Un jeune homme de 21 ans est décédé dans la nuit de mercredi à jeudi à Nantes en marge de l'événement organisé via internet et qui a rassemblé quelque 10.000 personnes. La victime est tombée sur la tête après avoir chut

Apéro géant mercredi soir à Nantes. Un jeune homme de 21 ans est décédé dans la nuit de mercredi à jeudi à Nantes en marge de l'événement organisé via internet et qui a rassemblé quelque 10.000 personnes. La victime est tombée sur la tête après avoir chut - -

NANTES - Un jeune homme de 21 ans est décédé dans la nuit de mercredi à jeudi à Nantes après avoir participé à un apéritif géant de quelque 10.000...

NANTES (Reuters) - Un jeune homme de 21 ans est décédé dans la nuit de mercredi à jeudi à Nantes après avoir participé à un apéritif géant de près de 10.000 personnes organisé via internet, a annoncé la préfecture de Loire-Atlantique.

La victime est tombée sur la tête après avoir chuté en état d'ivresse par-dessus la rambarde d'un escalier, près d'un pont. Elle était alors accompagnée d'une demi-douzaine d'amis.

Il s'agit du premier drame enregistré lors des "apéros Facebook", rassemblements géants qui se multiplient depuis six mois dans les grandes villes de France.

Les autorités peinent à endiguer le phénomène.

Ces événements, qui ne font en effet l'objet d'aucune déclaration préalable en préfecture, donnent lieu à une alcoolisation massive de certains participants.

A Nantes, un arrêté préfectoral avait pourtant interdit le transport et la vente à emporter d'alcool de 18h00 mercredi à 06h00 jeudi, mais il s'est avéré "inapplicable" compte-tenu de la foule présente, selon un policier.

"L'enquête qui sera conduite sous l'autorité de la justice permettra de connaître avec exactitude les causes du décès, indique la préfecture de Loire-Atlantique dans un communiqué.

Par ailleurs, 93 personnes ont été prises en charge par les pompiers ou les secouristes au cours de la nuit, et 57 d'entre d'elles ont dû être hospitalisées.

"GLAUQUE"

Au total, 42 personnes ont été interpellées dans la nuit pour des trafics de stupéfiants, des vols ou des violences.

Un policier a été légèrement blessé, selon la préfecture.

"Nous ferons tout pour identifier les organisateurs", a dit jeudi le préfet Jean Daubigny lors d'une conférence de presse.

"L'anonymat derrière lequel se dissimulent des personnes ayant appelé à ce rassemblement revêt un caractère d'autant plus irresponsable", a-t-il ajouté.

"Profondément triste", le député-maire socialiste de Nantes, Jean-Marc Ayrault, a dénoncé une "dérive dangereuse".

"Il faut que ce processus s'arrête : c'est un peu glauque, ce n'est pas une fête, les gens venaient pour se défoncer et parmi eux, des ados de 15 ans", a-t-il déclaré sur RTL.

"Peut-être que ça part au départ d'un bon sentiment mais on voit que quelque chose qui est en train de se passer n'est plus du tout contrôlable et peut se terminer par un drame", a-t-il ajouté.

Jean-Marc Ayrault a demandé que les responsables de l'organisation du rassemblement soient retrouvés.

Il a aussi suggéré au ministre de l'Intérieur d'organiser "une table-ronde avec les associations des maires, des services de santé et tous les partenaires, les mouvements étudiants" pour trouver des réponses au phénomène, qui tend à s'étendre.

En plus de Nantes, un "apéro géant", pourtant interdit par les autorités, a rassemblé quelque 11.000 personnes mercredi soir à Montpellier.

Un autre est prévu à Paris, sur le Champ-de-Mars, au soir du dimanche 23 mai, veille du lundi de Pentecôte.

Guillaume Frouin, édité par Elizabeth Pineau