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De l'iode radioactif «sans danger» détecté en France

Capteur de surveillance de la radioactivité des aérosols atmosphériques de l'IRSN.

Capteur de surveillance de la radioactivité des aérosols atmosphériques de l'IRSN. - -

L'IRSN a détecté la semaine dernière un taux anormal d'iode radioactif dans l'air, dans le Puy-de-Dôme. Une mesure annoncée comme sans danger, mais qui est sous-évaluée, selon certains spécialistes.

C'est un capteur de l'Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire implanté dans le Puy-de-Dôme qui a relevé, la semaine dernière, la présence d'iode radioactif très probablement échappé de la centrale nucléaire japonaise de Fukushima. Le taux de radioactivité est anormal, mais les valeurs « ne sont pas inquiétantes et ne représentent aucun danger, ni pour la santé, ni pour l'environnement », selon l'IRSN. Néanmoins, des spécialistes du nucléaire émettent des doutes quant à la fiablilté de ces relevés. 

«La quantité réelle était sûrement supérieure»

Roland Desbordes, président de la CRIIRAD (Commission de recherche et d'informations indépendantes sur la radioactivité) explique sur RMC avoir été « un peu choqué » par la méthode utilisée. « On a présenté ça comme étant LA mesure de l'iode dans l'air alors qu'elle ne représente qu'une partie de l'iode qui était présent dans l'air. Parce que la balise qui a été utilisée comporte un filtre. Donc ce qui a été détecté sur le filtre n'est qu'une partie de la quantité effectivement présente dans l'air. La quantité réelle était sûrement supérieure ».
La mesure a été effectuée au moment où le fameux nuage radioactif était annoncé dans le ciel français.

Le panache de Fukushima est toujours en France

Or selon toute probabilité, le panache se trouve toujours au dessus de nos têtes. Cela faisait partie des scénarios météorologiques envisagés de longue date. Restera-t-il longtemps ? La réponse tient à plusieurs facteurs. Si les vents sont défavorables, il poursuivra sa route vers l'est, puis reviendra. Par ailleurs, si la situation se dégrade à Fukushima, de nouveaux panaches seront éjectés et parviendront à nouveau jusqu'au ciel européen. En revanche, le consensus scientifique s'accorde toujours sur une non-dangerosité du phénomène pour monsieur et madame Tout-le-monde. En tout cas à court terme.