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Cybersexe : les jeunes toujours plus accros

2 jeunes sur 10 ont déjà visionné un « live show sexuel » et 1 sur 10 a déjà réalisé une « sextape », selon un sondage Ifop publié mercredi.

2 jeunes sur 10 ont déjà visionné un « live show sexuel » et 1 sur 10 a déjà réalisé une « sextape », selon un sondage Ifop publié mercredi. - -

2 jeunes sur 10 ont déjà visionné un live-show sexuel sur internet, et 1 sur 10 a déjà filmé ses ébats, selon un sondage Ifop publié mercredi. Si elle reste encore marginale, la cybersexualité progresse chez les moins de 25 ans. Parents et sexologues s'inquiètent.

C’est le printemps de l’amour virtuel. Selon une enquête IFOP publiée mercredi, les Français sont de plus en plus nombreux à « pratiquer » le sexe sur internet. Si le sexe virtuel reste une pratique encore limitée (8 % de la population), elle se développe fortement chez les jeunes « hyper-connectés ». La proportion des moins de 25 ans à s'y être adonnés a doublé en quatre ans, passant de 9 % en 2009 à 16 % en 2013.
On est loin ici des messageries roses à coup de 3615. Ce qu’on recherche aujourd’hui est plus « trash », puisque deux jeunes sur dix (les 18 - 25 ans) ont déjà visionné un « live show sexuel » (observation de spectacles érotiques en direct) et un sur dix a déjà réalisé une « sextape ». Une « mode » lancée par des bimbos américaines au début des années 90, dont l’actrice d’Alerte à Malibu Pamela Anderson, et qui consiste à filmer ses ébats.

« J'aime bien me faire filmer »

« J'aime bien me faire filmer », annonce tout de go et sans gêne particulière Alexandre, 19 ans, à une journaliste d’RMC. Pourquoi ? « Ça me donne plus de plaisir sexuel, plus d'excitation. Avec le boulot on n’a pas tout le temps l'occasion de se voir avec ma copine, du coup on se fait des petites gâteries par internet » par le biais de webcams. D'autres sont plus hésitants sur la pratique du cybersexe. Il y a ceux qui trouvent l’idée amusante mais qui hésitent à se lancer, ceux qui n’y avait pas pensé, et puis il y a les réfractaires : « Un acte comme ça doit rester intime », dénonce un autre jeune homme.

« C’est de l'atteinte à l'intimité et à la liberté »

Justement, le problème aujourd’hui c’est qu’une sextape privée peut vite se retrouver sur Internet et être visible par n’importe qui. Ce qui inquiète beaucoup Monique. Cette maman d’un garçon de 22 ans a toujours tenu à bien contrôler les activités de son fils sur Internet. Elle est très choquée par ces pratiques de cybersexualité : « Je trouve ça grave, ce n'est pas normal, c'est de l'atteinte à l'intimité et à la liberté. Ils ne réalisent pas les conséquences de leurs actes. Je trouve que c'est un peu malsain tout cela. Dans la réalité les choses sont différentes, ce qui est pornographique n'est pas la réalité de l'intimité que tu peux avoir avec une fille, et je pense que ça fausse les relations chez les jeunes. Il n'y a plus de simplicité, de naïveté, de candeur. Il faut faire très attention ».

Des émotions sexuelles vécues « à travers le smartphone »

Sylvain Mimoun est gynécologue, directeur du centre Andrologie de l'hôpital Cochin et spécialiste de la sexualité. Quels sont les dangers de cette cyber sexualité croissante chez les jeunes ? « Les gens vivent de plus en plus dans leur bulle et de moins en moins dans une réalité relationnelle. Ils ont tellement apprivoisé leur outil, leur smartphone, qu'ils vivent leurs émotions sexuelles à travers cet objet-là. Sur Internet on cache ce qu'on veut, on montre ce qu'on veut, et comme le but de ces jeux sexuels c'est d'abord d'être une vedette, le risque c'est que dans la vraie vie, dans une rencontre réelle avec quelqu'un, ça paraisse fade ».

Philippe Gril avec Maud de Carpentier