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Crise sanitaire: François de Closets fustige les baby boomers, selon lui "pas en droit d'exiger des choses"

Le journaliste et essayiste estime que les jeunes générations se sont sacrifiées au profit de leurs aînées au cours du confinement.

"Nous devons engager le pays dans la révolution de la longévité": c'est le titre d'une tribune, parue dans Le Monde le 26 mai, qui a fortement agacé le journaliste et essayiste François de Closets. Ce texte, signé par plus de 150 personnalités, appelle "à repenser le lien entre les générations et mobiliser tous les leviers de la société pour relever le défi démographique du grand âge".

François de Closets, âgé de 86 ans, a rétorqué par le même biais, en publiant une tribune dans le quotidien du soir le 29 mai, intitulée "La génération prédatrice du 'toujours plus', née autour de 1950, devrait avoir honte".

Une génération "redevable"?

Le journaliste estime ainsi que les plus jeunes générations, antérieures aux babyboomers, se sont sacrifiées en consentant au confinement, au détriment de l'activité économique. "Nous sommes redevables aux moins de 60 ans et devons apporter tous nos efforts à la lutte contre l'épidémie", estime-t-il.

Au sujet du déconfinement, François de Closets dit avoir été "choqué" par les personnes craignant une discrimination en prônant un déconfinement différé en fonction de l'âge des individus.

"Cette crise est double, sanitaire et économique. L’une nécessite le confinement pour faire obstacle à la propagation du virus, l’autre exige que la France reprenne au plus vite le travail pour remettre en marche l’appareil de production. Il était donc naturel de demander aux actifs de sortir pour aller travailler et aux retraités de rester chez eux pour faire obstacle au virus", écrit-il.

En France, un Français sur cinq a plus de 55 ans, selon l'Insee.

Pour François de Closets, la génération des baby boomers, qui désigne les personnes nées après-guerre entre 1945 et 1965, a tout eu et en voudrait encore davantage.

"L'héritage qu'ils laissent"

Invité de BFMTV ce mercredi, l'essayiste précise sa pensée. "Cette génération a pris la France dans les années 1980, à l'époque où (...) la France faisait l'admiration du monde entier sur le plan financier, sur le plan économique, sur le plan politique. Et puis cinquante ans plus tard, quand ils partent en retraite, quel est l'état de la France? La France est ruinée, 2000 milliards de dette, mais pourquoi? La France a-t-elle subi pendant ces 50 ans des épreuves incroyables? Aucune! Jamais en 2000 ans nous n'avons eu cinquante années aussi paisibles, aussi heureuses, alors pourquoi avoir fait toutes ces dettes et les mettre sur le dos de nos enfants?", assène François de Closets, pointant "l'héritage qu'ils ont reçu" et "l'héritage qu'ils laissent". "J'estime que cette génération n'est pas en droit d'exiger des choses", conclut-il.

Un raisonnement vertement contredit par Jérôme Guedj, conseiller départemental de l'Essonne et l'un des initiateurs de la tribune initiale: "Je trouve assez indécent de lancer une guerre des âges dans la période de crise. Au contraire, on a besoin de solidarité intergénérationnelle, on a besoin de prolonger le mouvement de solidarité qui s'est exprimé à l'occasion de cette crise, c'était le sens du manifeste", a répliqué l'ancien député socialiste à notre antenne.

Clarisse Martin