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Criminalité: le profil type du meurtrier parisien

D'après l'étude de l'ONDRP, plus des deux tiers des victimes d'homicides à Paris et en petite couronne sont des hommes.

D'après l'étude de l'ONDRP, plus des deux tiers des victimes d'homicides à Paris et en petite couronne sont des hommes. - Pierre Verdy - AFP

L'observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) a établi un portrait-robot du meurtrier de Paris et banlieue, de son sexe à son lieu d'action en passant par ses armes de prédilection.

Un homme, avec une arme blanche, le samedi soir. Tel est le profil type du meurtrier parisien. L'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), qui a rendu public ses conclusions mercredi, livre ainsi une radiographie des homicides à Paris et dans la petite couronne: Seine-Saint-Denis, Hauts-de-Seine et Val-de-Marne. 

Cette étude, qui porte sur 602 faits, soit 80% de la totalité des homicides entre 2007 et 2013, a pu être réalisée sur des éléments jusqu'alors confidentiels, et qui ont été fournis par la cellule opérationnelle de rapprochement et d'analyse des infractions liées de la police judiciaire parisienne. La capitale est la première touchée par ces violences, 226 à Paris; elle est suivie par la Seine-Saint-Denis, avec 204 homicides sur la même période.

Les hommes, meurtriers et victimes

Selon les résultats de l'étude de l'ONDRP, plus de neuf homicides sur dix sont le fait d'hommes. Dans leur majorité, les meurtriers sont "relativement jeunes", entre 15 et 34 ans pour plus de la moitié. Pour parfaire le portrait-robot des auteurs de crimes, l'observatoire précise que plus de 60% des mis en cause sont français et que 19% seulement ont un emploi.

Plus étonnant, cette surreprésentation masculine chez les meurtriers se retrouve également chez les victimes. Ainsi, 69% des individus retrouvés morts étaient des hommes, contre 31% de femmes, une "proportion qui demeure relativement élevée", note l'ONDRP. Agées en moyenne de 40 ans, les victimes comptent 8% de moins de 15 ans, quand près d'un quart d'entre elles ont plus de 55 ans. Les jeunes adultes (avant 34 ans) sont toutefois "surexposés" aux homicides. 

28% d'homicides conjugaux

Dans la plupart des cas, les homicides résultent de querelles entre le meurtrier et sa victime. Dans 34% des cas, note en effet l'ONDRP, le passage à l'acte est postérieur à des altercations gratuites entre voisins ou amis. Dans cette typologie du crime suivent ensuite les homicides conjugaux ou familiaux (28%). Dans ce cas, trois quarts des victimes sont des femmes, conséquence directe des violences conjugales. Pour finir, seuls 19% des homicides à Paris et dans sa banlieue sont liés à des activités criminelles.

Le samedi, jour d'homicides

La fin de semaine est particulièrement propice au passage à l'acte, note l'observatoire. Ainsi, le samedi, et particulièrement le samedi soir, sont les moments de la semaine où les meurtres sont les plus nombreux. A l'inverse, le début de semaine (lundi, mardi et mercredi) est plutôt considéré comme calme. Une seule donnée reste commune: la majorité des homicides sont perpétrés la nuit. 

Autre donnée relevée par l'étude: le lieu où sont commis ces homicides. L'ONDRP relève une quasi égalité entre les lieux publics (49%) et les lieux privés (51%). Dans l'espace public, le meurtrier frappe surtout dans la rue, pour plus du tiers, alors que 40% des meurtres se déroulent dans des lieux d'habitation, principalement au domicile de la victime.

L'arme blanche favorisée

Les armes blanches, couteau ou objet tranchant, sont utilisées dans 34% des cas d'homicides à Paris et dans sa petite couronne, essentiellement dans les drames familiaux. 28% des victimes meurent sous les coups et les violences, 23% sous les balles d'armes à feu. Enfin, relève cette étude, le recours au poison est marginal.

J.C. avec AFP