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Coronavirus: un lien entre surpoids et cas sévère?

Les autorités sanitaires sont très attentives "à ce que les personnes en surpoids important signalent rapidement une détérioration de leur état clinique et en particulier l'apparition de difficultés respiratoires", a assuré Jérôme Salomon, ce mardi.

Ce mardi, lors de son point quotidien sur la situation de l'épidémie de Covid-19 en France, Jérôme Salomon a indiqué que "l'obésité d'une part, mais même le surpoids, [peuvent] devenir un facteur de risque d'infection sévère" au coronavirus.

"Il y a très souvent un facteur de risque retrouvé dans les infections virales graves. Un lien entre le surpoids et la survenue d'une forme sévère a été démontré dans la grippe, en particulier", a-t-il poursuivi.

Jérôme Salomon a assuré que les autorités sanitaires sont très attentives "à ce que les personnes en surpoids important signalent rapidement une détérioration de leur état clinique et en particulier l'apparition de difficultés respiratoires". 

Des données préliminaires

Ce mardi, Le Monde a révélé qu'un registre national des formes graves de Covid est en cours d'élaboration pour en apprendre plus sur le profil des patients. Les informations concernant plus de 2000 malades, dans 195 services de réanimation francophones, ont déjà été enregistrées. 

Parmi ces patients, "83 % sont en surpoids ou obèses, avec souvent une association avec un diabète ou une hypertension artérielle", a indiqué au quotidien du soir Matthieu Schmidt, réanimateur médical à l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière (AP-HP) et coordinateur du registre. "Il s’agit dans les trois quarts des cas d’hommes et la médiane d’âge est de 63 ans", a-t-il ajouté. 

Matthieu Schmidt a cependant tenu à préciser que ces données sont encore préliminaires et a appelé à la prudence dans leur interprétation.

"Un sujet controversé"

Le professeur Jean-Michel Oppert, à la tête du service de nutrition de la Pitié-Salpêtrière (AP-HP), a expliqué au Monde que l'obésité "augmente le risque d'embolie pulmonaire". "Or l’infection au nouveau coronavirus expose déjà particulièrement aux complications thrombo-emboliques", a-t-il poursuivi.

"D’autres anomalies associées à l’obésité peuvent pénaliser ces patients: des troubles ventilatoires, mais aussi un état inflammatoire 'à bas bruit' et un déficit immunitaire chronique. Ces facteurs sont délétères lors d’infections virales respiratoires comme la grippe ou le Covid", a-t-il ajouté.

D'autres spécialistes, interrogés par le quotidien du soir, appellent à la prudence. Karine Clément, professeure de nutrition à la Pitié-Salpêtrière et vice-présidente de l’Association française d’étude et de recherche sur l’obésité (Afero), a ainsi souligné qu'il s'agit d'un "sujet controversé" car "cela dépend des causes de la réanimation".

"Dans les données disponibles, on retrouve souvent l’association de plusieurs pathologies: diabète de type 2, hypertension artérielle, maladies cardiaques et obésité. Mais il faudrait savoir si une obésité à elle seule, sans comorbidité, prédispose aux formes sévères", a-t-elle souligné. 
Clément Boutin