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Coronavirus: infirmières ou médecins, des députés reprennent du service pendant la crise sanitaire

Annie Chapelier, à l'Assemblée, en 2019.

Annie Chapelier, à l'Assemblée, en 2019. - Kenzo Tribouillard - AFP

Face à la pandémie de coronavirus qui sévit dans le pays, des parlementaires viennent prêter main forte dans les hôpitaux. Infirmiers, infirmières ou médecins, ces élus ont renfilé la blouse blanche pendant la crise sanitaire.

"On a un mandat, député, et un métier, médecin", explique Julien Borowczyk à Libération. Délaissant son travail de parlementaire quelques jours par semaine, le député LaREM de la Loire travaille à la régulation téléphonique du Samu et fait des consultations dans un Ehpad où des résidents ont été contaminés au nouveau coronavirus.

Comme lui, plusieurs députés ont repris leur activité dans le secteur médical. Pour ceux interrogés par le quotidien, proposer leur aide pendant cette crise sanitaire allait de soi. "C’était évident de proposer mes services sur mes compétences", estime Delphine Bagarry, médecin elle aussi, dans Libération. La députée est sur les listes d’attente pour aider à Digne ou Manosque, dans les Alpes-de-Haute-Provence. 

Le personnel hospitalier en difficulté

Alors que certains services sont submergés, il faut retrouver au plus vite ses réflexes. Annie Chapelier, députée LaREM du Gard, a été affectée à l'hôpital de Nîmes. Infirmière de métier, elle tente d'aider du mieux qu'elle peut, même si certaines choses sont à réapprendre. "Il est nécessaire d'être performant pour que, lorsque la vague arrivera et que les besoins des personnels seront urgents et importants, je sois moi-même performante", explique-t-elle, pragmatique, à France Info

Dans d'autres régions, la vague est déjà là. Ancienne infirmière libérale, Emmanuelle Fontaine-Domeizel, élue LaREM elle aussi, a rejoint le service des maladies infectieuses de l'hôpital de Besançon. Un service très sollicité. Elle constate chaque jour les difficultés du personnel soignant de l'hôpital public. Ses nouvelles collègues ne se privent pas de lui en faire le récit. "Elles me racontent la dégradation des conditions de travail, la reconnaissance tardive dans cette crise qui les révèle", raconte l'élue à Libération.

La parlementaire a d'ailleurs envoyé un message au président Emmanuel Macron, rapporte France Info.

"Une fois que cette crise sera passée, on aura tous à tirer des leçons, lui a-t-elle écrit, et ne pas simplement remercier les soignants mais vraiment se repencher sur les conditions de travail, mais aussi sur le statut des soignants qui sont toujours là, même après avoir dit qu'ils étaient en grande souffrance et qu'ils avaient touché le fond."
Camille Sarazin