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Coronavirus: confiné en Chine puis en France, il raconte les différences saisissantes entre les deux pays

Bingtao Chen confie avoir été "très surpris" à son arrivée à l'aéroport à Paris de ne voir personne porter de masque.

Fin janvier, comme chaque année, Bingtao Chen s'envole pour Wuhan pour passer le Nouvel an chinois avec sa famille. Trois jours seulement après son arrivée, la ville est fermée par les autorités qui souhaitent limiter la propagation du nouveau coronavirus. Après avoir passé près de deux mois confiné avec ses parents, ce jeune consultant décide de rentrer à Paris, deux jours après la décision du gouvernement français de restreindre les déplacements de la population.

Invité sur BFMTV ce mercredi soir, Bingtao Chen, qui s'apprête à sortir un livre intitulé Wuhan confidentiel aux éditions Flammarion, témoigne de ses deux expériences de confinement.

"En Chine, le confinement est progressivement devenu de plus en plus strict. Au début, on nous suggérait de ne pas sortir, de ne pas aller rendre visite à nos proches. Puis, un seul membre du foyer a été autorisé à quitter le domicile une fois tous les trois jours. Enfin, toute sortie a été strictement interdite", raconte-t-il.

A l'arrivée en France, "personne ne portait de masque"

En parallèle, les contrôles se renforcent. Les comités de quartier de Wuhan passent chaque jour prendre la température des habitants et leur livrer des courses de nourriture. Rapidement, les autorités chinoises développent un QR code afin de tracer les cas contacts. "Il fallait renseigner notre état de santé tous les jours, pendant deux semaines", précise Bingtao Chen qui a finalement pu regagner la France via Shanghai le 19 mars.

"J'ai été très surpris à mon arrivée à Paris", confie-t-il. "A l'aéroport de Shanghai, il n'y avait personne, les rares voyageurs étaient masqués et le personnel portait des combinaisons", se souvient-il.

En débarquant de l'avion, qui n'accueillait qu'une trentaine de passagers, Bingtao Chen s'étonne de voir "plein de monde" à l'aéroport Charles-de-Gaulle.

"Personne ne portait de masque et on n'a pas mesuré ma température alors que j'ai été soumis à une dizaine de contrôles en Chine", affirme-t-il. "Je me suis vraiment demandé si on faisait face au même virus", avoue-t-il.

Interrogé sur les éventuels mensonges des autorités chinoises, accusées d'avoir dissimulé la dangerosité du Covid-19, Bingtao Chen conclut en répondant que dans la culture chinoise, il est bienvenu de mettre en avant les bonnes nouvelles plutôt que les mauvaises...

Mélanie Rostagnat