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Coronavirus: à Marseille, certains restaurateurs n'ont pas fermé leurs portes malgré l'interdiction

Une terrasse d'un bar marseillais

Une terrasse d'un bar marseillais - NICOLAS TUCAT / AFP

De nombreux consommateurs étaient présents, en terrasse ou en salle, dans ce qu'ils considèrent comme un acte civique et de soutien aux professionnels d'un domaine déjà grandement sinistré.

La colère et l'incompréhension sont toujours de mise du côté des Bouches-du-Rhône. Depuis ce lundi, comme l'avait annoncé le ministre de la Santé Olivier Véran quelques jours plus tôt, les restaurants et cafés de Marseille et d'Aix-en-Provence ont pour obligation de fermer leurs portes pour au moins deux semaines du fait de la détérioration des conditions sanitaires dans la métropole, placée en zone "d'alerte maximale" par le gouvernement, à l'instar de la Guadeloupe

Si un recours déposé par le président LR de la région Paca Renaud Muselier sera examiné ce mardi par le tribunal administratif de Marseille, où de nombreux professionnels devraient se rassembler pour l'occasion, plusieurs de ces derniers sont passés outre ces nouvelles directives.

C'est le cas de Véronique, gérante d'un salon de thé à Marseille, qui a laissé ouvert les portes de son établissement, bravant l'interdiction.

"Je risque des amendes, une fermeture administrative, mais je pense qu’à un moment, si on veut défendre son bifteck et ses convictions, il faut prendre des risques", explique-t-elle auprès de BFMTV.

"C'est une aberration"

Le cas n'est pas isolé. La Provence signale que plusieurs brasseries du Vieux-Port de Marseille ont également accueilli quelques clients. Joseph Contcheyan, patron du Collin's, assure auprès du quotidien régional qu'il refuse d'être "un mouton" et appelle ses collègues à la résistance.

"Il faut qu'on reste tous ouverts. (...) Je suis restaurateur depuis 30 ans et à l'approche de la retraite, je vais partir en faillite? C'est une aberration", s'emporte-t-il, comptant bien écouler son stock. Après le passage police, il a finalement fermé son établissement.

Dans les rues du quartier pittoresque du Panier, juste derrière le Vieux-Port, un panneau indique "ON EST OUVERTS!!!" devant une sandwicherie. "On a préparé un peu plus que d'habitude comme les restaurants sont fermés, mais on ne sait pas trop à quoi s'attendre", souffle une employée.

"Acte civique et citoyen"

Du côté des consommateurs, on répond présent par solidarité avec les cafetiers et restaurateurs. "Où est le risque? C'est moins dangeureux que de prendre le bus ou d'aller voir mamie. Et qu'à fait l'État pour l'hôpital", estime un couple, toujours dans les colonnes de La Provence.

Dans le salon de thé de Véronique, les habitués ont également répondu présent. "Aujourd’hui c’est vraiment un acte civique et un acte citoyen, il faut les aider. Regardez ici c’est magnifique, c’est merveilleux, les glaces sont bonnes, faut pas que ça ferme", explique une consommatrice auprès de BFMTV.

Malgré la colère, l'Umih13, l'Union des métiers et industries de l'hôtellerie des Bouches-du-Rhône appel au respect de ces nouvelles règles temporaires.

"Nous leur avons dit, de toutes les manières et de tous les tons, de respecter l’arrêté, parce que si on ne respecte pas l’obligation comment on fait pour négocier, conclut auprès de BFMTV Fréderic Jeanjean, son secrétaire général.

Face aux fermetures imposées, d'autres professionnels s'organisent dans le respect des règles. Chez "Sushi room", le directeur, Ainagi Nugermaiti, n'a même pas pris le temps de relever les tables et les chaises de son petit établissement, tant affluent les commandes à emporter et à livrer, qui restent elles toujours autorisées.

https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier Journaliste BFMTV