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Comment se déroule le procès en béatification du père Hamel?

Une photo du père Jacques Hamel dans l'Église Saint-Louis-des-Français de Rome.

Une photo du père Jacques Hamel dans l'Église Saint-Louis-des-Français de Rome. - MARCO ZEPPETELLA / AFP

Le père Hamel, assassiné le 26 juillet 2016 en son église, est sur la voie de la béatification. L'archevêché de Rouen a commencé à auditionner les proches du prêtre de Saint-Etienne-du-Rouvray. Une première étape avant le transfert du dossier au Vatican.

Il y a un an, le père Jacques Hamel, 85 ans, était assassiné dans son église de Saint-Étienne-du-Rouvray (Seine-Maritime). Le prêtre venait de terminer la messe quand deux individus, Adel Kermiche et Abdel Malik Petitjean, sont entrés dans l'église et l'ont tué.

Quelques mois plus tard, le 13 avril dernier, Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen annonçait l'ouverture de son procès en béatification lors de la messe chrismale. Un processus "long", comme le rappelait ce matin sur RMC Mgr Olivier Ribadeau-Dumas, porte-parole des évêques de France, mais déjà accéléré par une dispense "du délais de cinq ans" accordée par le pape. Et pour cause, traditionnellement, les procès en béatification sont ouverts par l'évêque du lieu où est mort le candidat à la béatification seulement cinq ans plus tard. Cette durée peut-être raccourcie à titre exceptionnel, comme ce fut le cas pour Jean-Paul II ou encore mère Teresa.

La première audience du procès diocésain s'est tenue le samedi 20 mai à Rouen. Présidé par l'archevêque de Rouen, le tribunal ecclésiastique est également composé d'un juge délégué -ici un prêtre, chargé du remplacement de l'archevêque, explique Le Parisien-, d'un promoteur de justice qui veille au respect du droit et de notaires.

Transfert du dossier au Vatican

Alors que tous les effets du père Hamel ont été conservés par la police dans le cadre d'une enquête judiciaire qui n'est pas encore bouclée, l'institution se contente de recueillir les témoignages des proches du défunt et des témoins du drame. 

"Pour l'instant, on réunit les témoignages, pour savoir comment est mort le père Hamel, mais aussi qu'elle a été sa vie, qu'est ce qu'il a écrit", a précisé sur RMC Mgr Olivier Ribadeau-Dumas.

L'équipe, essentiellement composée de bénévoles, consacre deux jours par mois à cette enquête et prévoit d'auditionner 80 témoins de la vie du prêtre, rapporte Le Figaro. Au terme de cette première étape, qui devrait prendre fin à l'automne 2019, le dossier sera transmis au Vatican. Il s'ouvrira alors, sous le contrôle de la Congrégation pour la cause des saints et du Pape, un second examen. Si le prêtre est béatifié, il deviendra alors un "bienheureux" - le pape décide ainsi qu'on peut lui rendre un culte public.

Un martyr tué en "haine de la foi catholique"

La Congrégation décidera ensuite, selon les textes, s'il eu "martyre" ou non. Pour cela, et dans le cadre d'un assassinat comme celui du père Hamel, il s'agit de déterminer s'il a été tué en "haine de la foi catholique" et s'il a manifesté ou non de la haine pour ses bourreaux.

La béatification est l'étape indispensable vers la canonisation qui permet à un bienheureux d'être déclaré saint, même s'il est possible d'être béatifié sans être canonisé. Pour être canonisé, il faut qu'il ait eu un miracle authentifié, sauf pour les martyrs qui bénéficient d'une procédure simplifiée.

Depuis plusieurs années, la tendance est à l'augmentation des béatifications dans l'Église. Le pape Jean-Paul II avait ainsi béatifié 1338 personnes et canonisés 482 saints. Le pape Benoit XVI a béatifié 869 bienheureux et canonisé 44 saints. 

M.P