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Comment réduire les 27% d'écart de salaire entre les femmes et les hommes

Une manifestation en faveur de l'égalité salariale à Miami le 8 mars 2017

Une manifestation en faveur de l'égalité salariale à Miami le 8 mars 2017 - Joe Raedle-AFP

Marlène Schiappa veut frapper fort pour réduire les écarts de salaire entre les femmes et les hommes. Pour deux spécialistes du sujet, la France peut s'inspirer d'initiatives prises chez nos voisins européens.

Un plan "dur et concret" pour l'égalité salariale. Marlène Schiappa, la secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, a annoncé lundi qu'un plan pour réduire les écarts de salaires entre les femmes et les hommes devrait voir le jour d'ici "quelques semaines ou mois".

"Un noyau dur irréductible d'écart de 7% à 10%"

Une initiative nécessaire, selon Brigitte Grésy, secrétaire générale du conseil supérieur de l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. "Il y a toujours 27% d'écart de rémunération moyenne brut annuelle, ramené à 18% en enlevant le temps partiel", assure-t-elle sur BFMTV. 

Et à caractéristiques égales, c'est-à-dire compétences, ancienneté et poste similaires, "il y a un noyau dur irréductible d'écart de l'ordre de 7% à 10% quand on élimine le temps partiel, les effets de secteur où les femmes sont majoritaires et donc moins payées ainsi que les effets de précarité de contrat", ajoute-t-elle. Un chiffre valable dans le privé mais aussi dans certaines branches du public.

Le premier texte pour l'égalité professionnelle en 1972

Pour Geneviève Garrigos, porte-parole de la Fondation des femmes, le cœur de la bataille pour la réduction des inégalités salariales réside avant tout dans la transparence. 

"Il existe des données sur l'égalité au niveau des salaires dans la base de données économiques et sociales qui servent à élaborer le plan d'action mis en place dans les entreprises. Mais il ne faut pas se cantonner juste à la publication des salaires, il faut une transparence qui ne peut pas être individuelle", explique-t-elle pour BFMTV.

Comme le rappelle Geneviève Garrigos, plusieurs lois existent en faveur de l'égalité professionnelle, le premier texte datant de 1972. Cette loi inscrivait dans le code du travail le principe de l'égale rémunération des femmes et des hommes. "Ça fait quarante-cinq ans, ce n'est pas récent. Et pourtant, il y a toujours des difficultés. Appliquer la loi, c'est aussi appliquer les sanctions. En 2016, 116 entreprises ont été pénalisées parce qu'elles n'avaient pas de plan d'action."

"Un changement de mentalité"

Par un système de négociations collectives, les entreprises sont obligées de mettre en place un plan d'action avec un indicateur sur les rémunérations. Si elles doivent publier sur leur site internet des données relatives à l'écart moyen et médian des rémunérations, "toutes ne le font pas", pointe Brigitte Grésy. Selon elle, seules 45% des entreprises ont conclu un accord ou dressé un plan. "Si cet indicateur n'est pas rempli, il peut y avoir une sanction qui peut aller jusqu'à 1% de la masse salariale", indique-t-elle. Pour la secrétaire générale du conseil supérieur de l'égalité professionnelle, il faut opérer "un changement de mentalité" et cite des exemples étrangers.

"L'Islande a standardisé les choses et établi un référentiel permettant de fixer l'écart de rémunération pour toutes les entreprises. En Suisse, les entreprises ne peuvent pas accéder aux marchés publics si elles n'ont pas entré leurs données dans un logiciel."

En Allemagne, une nouvelle loi permet à présent aux salariées qui s'estiment sous-payées de demander à connaître le salaire de leurs collègues. Plusieurs pistes dont la France pourrait s'inspirer.

Céline Hussonnois-Alaya