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Comment parler de la crise des réfugiés aux enfants?

Evoquer le délicat sujet des migrants avec les plus jeunes n'est pas une mince affaire. Alors que le dessinateur Zep a transformé, le temps d'une histoire, son héros Titeuf en petit réfugié, le rédacteur en chef d'un journal consacré aux enfants fait part de ses conseils pour les sensibiliser et répondre à toutes leurs questions.

"Ces bateaux sur une île d'Italie ont une histoire triste." C'est par des mots mots simples de ce type que Le Petit Quotidien, journal d'actualité à destination des enfants, évoque des sujets aussi sensibles et sérieux que celui de la crise des migrants.

Alors que la publication, il y a une semaine, de la photo du petit Aylan, le jeune Syrien retrouvé mort noyé sur une plage de Turquie, a profondément fait réagir à travers le monde, au point même de bouleverser certaines opinions, comment évoquer cette difficile question avec les plus jeunes? En transformant son célèbre personnage Titeuf en petit réfugié le temps d'une histoire choc publiée sur son blog, le dessinateur de BD Zep s'est adressé à cette cible si particulière. Et le résultat est glaçant.

"C'est une réalité super choquante, il est normal que les enfants, les élèves dans les classes, soient super choqués", a commenté François Dufour, rédacteur en chef du Petit Quotidien, qui ce mercredi soir l'invité de Grand Angle - BFMTV. "On ne peut pas peindre en rose la réalité", a-t-il encore ajouté.

Comment en parler, concrètement?

Pour aborder ce délicat sujet avec les enfants, ce spécialiste a conseillé de prendre comme point de départ les interrogations des plus jeunes. 

"Mon conseil, c'est de partir des questions que les enfants posent, et de leur répondre avec des mots simples. 'Pourquoi ils partent de chez eux? Pourquoi ils prennent le bateau et pas l'avion"' font partie des questions qu'ils peuvent formuler." 

François Dufour concède toutefois que tout ça, c'est "compliqué à expliquer" de la part des parents. "Nous sommes là aussi pour les aider", a ajouté celui qui songe à mettre en ligne gratuitement les numéros spéciaux dédiés à cette question.

"Si ce qui choque les parents, choque également, c'est aussi ce genre de choses qui font évoluer les mentalités", a conclu le journaliste.

Jé. M.