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Comment les gilets jaunes sont-ils comptés lors des manifestations?

Depuis le début du mouvement des gilets jaunes, le nombre de manifestants sur le terrain est indiqué par le ministère de l'Intérieur. Des données difficiles à vérifier, d'autant qu'à l'inverse des manifestations syndicales, les organisateurs ne tiennent pas le décompte des participants.

Bientôt un mois que les gilets jaunes se mobilisent pour protester contre l’augmentation du coût de la vie et, plus généralement, contre ce qu’ils qualifient de "mépris" de la part du gouvernement. Chaque samedi depuis le 17 novembre, ils étaient entre 106.000 et 282.000 manifestants réunis dans les rues de Paris et sur les ronds-points, les routes ou les péages de France. Mais comment ont-il été comptés?

D’une nature inédite, le mouvement – né sur les réseaux sociaux – n’est encadré par aucune instance syndicale. Celles-ci se chargent généralement de compter les participants au cours d’une manifestation pour ensuite opposer leurs chiffres à ceux avancés par le gouvernement. Sans ces organisations syndicales, seuls les chiffres du ministère de l’Intérieur sont disponibles, les gilets jaunes ne disposant pas de moyen de comptage.

Un décompte heure par heure

Pour obtenir une estimation de l'ampleur des mobilisations, des agents du renseignement territorial sont déployés chaque jour, partout en France, et font les comptes.

"Le dispositif de comptage relève avant tout du renseignement territorial. En général, c’est une personne en civil qui se déplace en tant qu’observateur. Il doit compter et faire remonter heure par heure le nombre de personnes présentes à la mobilisation", détaille à BFMTV Denis Jacob, secrétaire général du syndicat de police nationale Alliance.

Les chiffres sont ensuite centralisés dans une cellule de crise du ministère de l’Intérieur. Ainsi, selon le gouvernement, ils étaient 282.710 manifestants le 17 novembre, 106.301 le 24 novembre, et aux alentours de 136.000 les 1er et 8 décembre, partout en France.

Une tâche "compliquée"

Ces décomptes doivent être pris avec précaution car l'ampleur des mobilisations reste difficile à cerner. Aucun institut n’est d'ailleurs parvenu à compter le nombre de gilets jaunes à l’échelle nationale.

"C'est très compliqué de mesurer des points de rassemblement statiques, où les gens se renouvellent sans cesse. Il est donc difficile d'estimer combien de personnes sont venues sur un rond-point par exemple", explique Assaël Adary, président du cabinet Occurrence.

A cela s’ajoute le volume et l’éparpillement des manifestations sur le territoire ainsi que la durée des mobilisations.

Concernant les manifestations qui ont eu lieu sur les Champs-Elysées quatre samedis de suite, le cabinet Occurrence est en principe apte à compter le nombre de personnes qui s'y rassemblent. Mais des problèmes techniques demeurent: l'absence de cortège et la spontanéité. Que ce soit en région ou à Paris, les rassemblements ne sont quasiment jamais déclarés officiellement en préfecture.

Ambre Lepoivre