BFMTV

Comment Franky Zapata compte s'y prendre pour traverser la Manche en volant

Franky Zapata, l'inventeur du Flyboard qui a volé au-dessus des Champs-Elysées lors du défilé du 14-Juillet, s'est lancé un nouveau défi: il va traverser la Manche ce jeudi. Il détaille à BFMTV sa méthode pour y arriver.

L'homme volant du 14-Juillet, Franky Zapata, va traverser la Manche en volant sur son Flyboard ce jeudi. Mais pour relever ce défi fou, sa marge de manoeuvre sera assez réduite. Interrogé au micro de BFMTV, l'homme volant explique qu'il va devoir "maintenir une vitesse de 140 km/h pendant plus de huit minutes".

"Si je ralentis, je ne passe pas. Ça ressemble au ski ou au snowboard. Plus on veut aller loin, plus il faut voler vite", assure l'inventeur du flyboard.

"Un effort énorme pour le corps"

Son corps risque d'être mis à rude épreuve, notamment à cause de la vitesse à laquelle il veut voler.

"Lorsque vous roulez à 150 km/h et que vous sortez votre main par la fenêtre, cela vous donne une idée de ce que va ressentir tout mon corps pendant que je volerai" 

D'où l'importance d'afficher une condition physique optimale, notamment au niveau des membres inférieurs. "Cela demande un effort énorme pour le corps et également sur le gainage des cuisses", explique-t-il.

Même si la préfecture vient de lever son avis défavorable, il est trop tard pour changer l'organisation de la traversée, selon Franky Zapata. "Même si j'ai maintenant les autorisations pour diviser le parcours en trois étapes, c'est trop tard, le matériel est à Marseille. Je dois donc faire deux fois 18 km, c'est un énorme challenge", explique-t-il.

Néanmoins, il va pouvoir changer l'altitude de son vol, qui devait se faire à 70 mètres avant la nouvelle décision de la préfecture. "Je vais pouvoir voler à mon altitude habituelle, entre 15 et 20 mètres", a-t-il précisé.

"On a été obligés de doubler l'autonomie"

Franky Zapata a donc dû adapter sa machine et la faire évoluer pour que l'expérience puisse réussir. "On a été obligés de doubler l'autonomie de la machine". Durant le parcours, l'homme volant va s'arrêter une seule fois afin de faire le plein de carburant. "Je vais me poser sur un bateau en plein milieu de la manche, changer mon sac où se trouve le carburant et repartir tout de suite."

Un sac rempli de kérosène qui ne pèse pas moins de 37 kilos. Et pour rendre la tache un peu plus difficile, la distance habituelle de la traversée a dû être rallongée de deux kilomètres.

"On va faire 36 km pour éviter les lieux de concentration des ferries", justifie Franky Zapata.

Au regard de ses derniers entraînements, l'homme volant n'est toutefois pas assuré de réussir. "J'ai déjà essayé plusieurs fois de voler cette distance et ça n'a marché que trois fois", précise-t-il.

"Surfer sur des nuages"

Quoi qu'il en soit, Franky Zapata va continuer à développer sa technologie, et ne manque pas de projets volants.

"Notre objectif numéro un, c'est notre voiture volante sur les dix à vingt prochaines années. Sur le court terme, je veux passer la barre des 200 km/h en volant et battre un record de vitesse."

En attendant de réaliser son rêve ultime, "pouvoir surfer sur des nuages, d'ici cet hiver ou printemps de l'année prochaine."

Alexandra Jaegy