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Comment donner un prénom original à son enfant?

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- - Jan De Bondt - Flickr - CC

Comment trouver un prénom original à son enfant pour lui permettre de sortir du lot? S'inspirant de L'Officiel des prénoms 2016, de Stéphanie Rapoport, paru ce jeudi,  BFMTV.com vous donne quelques pistes. A suivre, ou pas.

D'abord il faut que ça claque, que ça sonne bien. Que ça colle avec le patronyme, aussi. Et puis que ce soit original. Quand il s'agit de choisir un prénom pour son rejeton, beaucoup de parents misent sur l'originalité.

Un tiers d'entre eux rejettent ainsi les prénoms à la mode, selon L'Officiel des prénoms 2016, de Stéphanie Rapoport. Et un autre gros tiers estime "assez importante" l'originalité, quitte à donner un prénom inconnu. Voici, en s'appuyant sur l'ouvrage, paru ce jeudi, quelques conseils aux futurs parents qui voudraient à tous prix que leur petit se distingue parmi la cohorte des Louise, des Emma et des Léo.

> Un prénom régional

L'idée

Le basque, l'occitan, le breton recèlent des trésors de prénoms. Certains ne dépassent pas le cadre de leur région. On croise ainsi beaucoup moins de Lisandru et de Ghjulia à Orléans qu'à Ajaccio. Piochons donc allègrement dans les Goran, Leandro et Mila issus du basque ou Aela, Lenaig, Pol et Suliac chez les Bretons. 

Le risque

Votre engouement sera peut-être celui d'autres parents. La multiplication des Maelys et le succès d'Inès confirme cette tendance. Sans oublier les people qui pourraient lancer ou relancer des modes régionales, comme Bixente Lizarazu, Louane Emera ou Maïtena Biraben.

> Ou étranger

L'idée

Là, le vivier est infini. Le vietnamien Bao, le britannique Blake, l'irlandaise Nuala, ou la japonaise Nyoko sont très rares en France. Il ne reste plus qu'à consulter les guides de prénoms étrangers. 

Le risque

Alexandro, sans le détrôner, a plus le vent en poupe que sa version française, Alexandre. Et le succès des prénoms en O pour les garçons et en A pour les filles risque de compromettre l'originalité des prénoms italiens, surtout les plus courts, comme Nino qui cartonne. Sans parler du risque de voir son nom écorché ou déformés. Tous les Jason (à prononcer à l'américaine) vous le diront.

> Une invention

L'idée

Le plus simple, pour faire original, c'est encore d'inventer le prénom de son enfant. Stéphanie Rapoport cite ainsi les mélanges, parfois hasardeux, entre plusieurs prénoms. Mathéis est le fruit de la rencontre entre Mathéo et Mathis, Timaël l'association de Tim et de Maël, Lilwenn combine Lily et Nolwenn. Depuis 1993 et l'assouplissement de la législation, note Stéphanie Rapoport, on compte l'apparition d'un tiers de prénoms de plus.

D'autres encore prennent des libertés avec l'orthographe des prénoms. Un ou une Camill tronqué, pour se distinguer des Camille, un Enzzo, affublé de deux z, ou un Nolhan, en progression, selon l'Officiel des prénoms. On croise aussi des Zoey, Tome et Mannon...

Le risque

Les associations malheureuses, qui se soldent par la naissance, par exemple, de petites Emmouise (Emma et Louise). Et puis, rappelle Stéphanie Rapoport, "un prénom excentrique, une variante orthographique peu commune ou complexe à prononcer, est le plus souvent porté comme un fardeau". Enfin ces prénoms, s'ils sont uniques, ont "des désinences qui restent guidées par la mode", écrit l'auteur, pour qui "Evaëlle et Manoé" ont des terminaisons qui "les rend presque immédiatement familiers".

> Un prénom démodé

L'idée

Pourquoi ne pas relancer la mode des Gérard et des Monique? C'est en tout cas la garantie de ne pas en croiser beaucoup d'autres. Quatre petits Gérard sont nés en 2015 et aucune Monique. Donc pensez à tous ces prénoms tombés en désuétude, les Martine, Christine, Roger et Francis, Maurice, Liliane...tous ces prénoms garantis "anti-cote".

Le risque

Ceci dit, on n'est jamais à l'abri d'un revival inattendu. Stéphanie Rapoport prédit ainsi la renaissance des Marguerite. Et qui eut cru, il y a quelques années, que des petits Edgar (dans le top 300) et des petites Madeleines (dans le top 400) allaient gambader si nombreux dans les crèches françaises? 

> Un prénom rare, tout simplement

Stéphanie Rapoport recense également dans son livre les "perles rares", ces prénoms qui sont très peu attribués (moins de 100 attributions en 2015), sans pour autant être démodés. Les Théoline et autres Laelien, les Airelle, Moa, Gamiel ou Teoman... 

> Des Pomme, des Framboise, mais pas de Fraise

Attention tout de même, car même si la législation a été assouplie en 1993, les prénoms les plus "extrêmes" ou en tout cas ceux qui peuvent être préjudiciables à l'intérêt de l'enfant sont toujours retoqués par l'état-civil. Exit les Nutella, les Fraise, et les Mini-Cooper, cette année. Si la marge est grande, tout n'est pas permis, au nom de l'originalité.

https://twitter.com/Radegonde Magali Rangin Chef de service culture et people BFMTV