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Claude Dany, 76 ans, premier porteur du coeur artificiel de Carmat

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- - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Il a été le premier patient à porter, pendant 74 jours, le cœur artificiel mis au point par la société Carmat. Deux semaines après son décès, sa famille a accepté de livrer son identité et de revenir sur cette expérience inédite.

Il s'appelait Claude Dany. Il avait 76 ans. Et il a passé ses 74 derniers jours avec un cœur artificiel dans la poitrine. Cet ancien ouvrier normand, mort le dimanche 2 mars à l'hôpital européen Georges-Pompidou, à Paris, était aussi le premier homme au monde à avoir porté le coeur artificiel de Carmat. Son identité et son histoire ont été révélées ce dimanche par le JDD, qui lui a consacré sa Une.

Pour Claude Dany, la pose du coeur fabriqué par la société Carmat a été l'issue d'une longue maladie, qui a débuté le 11 juillet 2003. Ce jour-là, "il a descendu l'escalier quatre à quatre: 'fais le 15!' (...). Il ne pouvait plus respirer, il s'étouffait", narre sa fille Isabelle dans les colonne du JDD. Mais Claude Dany ne pouvait pas recevoir de greffe, et il en est venu à se rendre à l'hôpital presque tous les dix jours.

L'opération de la dernière chance

C'est son fils qui a entendu parler du cœur artificiel de Carmat. "On a pris rendez-vous en novembre pour toute une série d'examens", indique-t-il au JDD. "Les médecins ont jugé qu'il correspondait au patient recherché."

Le septuagénaire s'est décidé pour tenter l'essai clinique malgré l'inquiétude de ses proches. "Quand l'équipe de Carmat lui a dit qu'à terme, le patient greffé pourrait marcher en portant la batterie de son coeur à la ceinture, il s'est vu avec son petit sac à dos partir à la chasse!", se souvient son fils.

Pour cet homme qui souffrait d'une insuffisance cardiaque terminale et n'avait pas d'alternative, cette opération était de toute façon celle de la dernière chance. Et les premiers jours qui ont suivi se sont avérés très prometteurs: le patient mangeait, parlait, avait retrouvé son teint normal.

Puis, rapidement, des complications sont apparues: hémorragies, ulcères, troubles respiratoires. Claude Dany aura survécu 74 jours.

"Le coeur s'est arrêté brutalement"

Le professeur Alain Carpentier, le père du coeur artificiel, souligne néanmoins que "la mort n'est pas liée à une complication du malade". "Le coeur s'est arrêté brusquement", indique-t-il au JDD. "Il y a eu un court-circuit. Cela a entraîné un arrêt cardiaque, identique à celui que peut présenter un coeur naturel pathologique." La famille de Claude Dany, elle, a fait part de son souhait que l'expérience se poursuive.

La rédaction