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Ces autres jeunes qui soutiennent la loi Travail

Alors qu’une partie des étudiants et des lycéens manifestait ce mercredi dans les rues des grandes villes de France contre la loi El Khomri, d’autres jeunes soutiennent la réforme. Pour eux, ce projet de loi est une avancée nécessaire pour notre économie et facilitera l’accès à l’emploi, même précaire.

Ils sortent d’école, eux-aussi ont connu la galère pour décrocher un job et pourtant, ils soutiennent le projet de réforme du code du travail, porté par Myriam El Khomri. Contrairement à ceux qui ont pu manifester ce mercredi, ils sont persuadés des bienfaits de ce texte pour notre économie.

"Tout ce qui peut participer à fluidifier et à encourager l’innovation, pour nous, c’est forcément un plus. On est très heureux que ce sujet soit au centre des débats aujourd’hui", témoigne Olivier Xu, confondateur de Kudoz, un service d’aide à la recherche d’emploi.

Ce jeune travailleur fait par exemple référence à la durée quotidienne maximale du temps de travail, qui pourra être élargie de 10 à 12 heures par jour "en cas d’activité accrue ou pour des motifs liés à l’organisation de l’entreprise". La réforme ouvre également la possibilité pour l’autorité administrative de monter à 60 heures de travail la durée hebdomadaire de travail lors de circonstances exceptionnelles.

La fin de l’emploi à vie?

Pour ces jeunes entrepreneurs, les contrats de travail n’ont également plus de sens à l’heure du numérique.

"Je ne pense pas que le CDI soit encore quelque chose d’actualité. Nos grands-parents avaient un emploi à vie, nos parents ont eu six emplois dans leur vie et nous, on a six emplois en même temps", résume Antoine Valespir, cofondateur de Gymlib, un réseau de salles de sport.

Le projet de loi El Khomri prévoit en autres que les TPE et PME puissent passer au forfait-jour. Réservé jusqu’à présent aux entreprises de plus de 50 salariés, ce régime dérogatoire aux 35 heures permet de rémunérer des salariés en fonction du nombre de jours travaillés par an et non d'horaires hebdomadaires.

Mais paradoxalement, le gouvernement met tout en œuvre pour inciter les entreprises à embaucher en CDI, en envisageant par exemple de surtaxer les cotisations patronales pour les CDD. En 2013, 90% des contrats signés en 2013 étaient précaires (intérim, CDD ou apprentissage) en France.

La précarité, toujours mieux que le chômage

Pour lancer leur start-up, les jeunes entrepreneurs ont besoin d’une main d’œuvre qualifiée mais n’ont pas forcément l’argent pour embaucher. Certains préconisent même d’aller encore plus loin dans la dérégulation du travail.

"Je suis par exemple favorable à un élargissement du nombre de stagiaires dans l’entreprise, notamment pour les jeunes start-up", suggère Baptiste Frero, directeur général de Planet Ride, une plate-forme de mise en relation pour des "road trip".

Ces nouveaux travailleurs ne s’offusquent donc pas des facilités pour les entreprises de licencier en cas de période économique difficile, introduites dans le projet de loi. Trouver des employés qui acceptent de travailler sans contrat, "à la mission", est de plus en plus aisé pour ces entrepreneurs. Avec un chômage chez les jeunes actifs de plus de 24%, beaucoup sont ceux qui préfèrent accepter un travail précaire plutôt que de prendre le risque de ne pas en avoir du tout.

Pierjean Poirot avec Olivier Boulenc et Justine Fontaine