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CARTE – Déserts médicaux: quand les urgences mettent trop de temps à arriver

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- - appelogen.be / Flickr CC

Près de 5% des Français vivent à plus de 30 minutes des secours les plus proches, minimisant leurs chances de survie en cas d'urgence vitale. En Corse et dans les Alpes-Maritimes, le délai d’attente moyen dépasse même une heure. Retour en carte sur les inégalités d'accès aux soins d’urgence en France.

Une résidente du petit village de Montmeyan, dans le Var, a lancé ce vendredi une pétition pour dénoncer l'arrivée trop tardive des secours dans sa commune isolée. Selon ses dires, le 30 décembre dernier, les secours ont mis une heure trente à secourir son mari, qui a succombé à une crise cardiaque. En effet, les hôpitaux de Manosque, Brignoles et Draguignan sont distants de 45 minutes à une heure de route de son village.

Des secours à plus de 30 minutes de route

Comme elle, 3,2 millions de Français sont éloignés de plus de trente minutes du service d'urgence le plus proche, soit 4,78% de la population, selon la dernière enquête du ministère de la Santé. Les situations les plus tendues se rencontrent au sud du parc national du Mercantour, dans l'extrême sud-est de la France. Dans cette partie du territoire, les secours mettent plus d’une heure à atteindre les patients en détresse.

À Le Mas, dans les Alpes-Maritimes, les premiers services d'urgence sont situés à 87 minutes de route, c’est le record en France métropolitaine. Dans les terrains hostiles de la Guyane, comme à Saint-Georges, il faut s’armer de courage pour se rendre aux urgences: le trajet prend un peu plus de deux heures en moyenne.

De fait, l’accès à des soins en urgence est très inégal sur le territoire. Alors qu’à Paris, les secours mettent en moyenne cinq minutes pour arriver, le délai d’attente moyen atteint 42 minutes dans le Sud de la Corse.

CARTE - Les inégalité d'accès aux urgences par département

Pour pallier ces disparités, le précédent gouvernement a formé des médecins volontaires pour assister le Samu. Lors de la dernière enquête, 232 communes disposaient d’au moins un médecin correspondant du Samu (SMC), chargé de traiter un patient au plus vite avant l’arrivée des secours. En revanche, dans une cinquantaine de communes isolées en montagne, l’hélicoptère reste le seul moyen pour venir en aide aux victimes.

Il y a une semaine, 35 maires de la Nièvre ont démissionné pour dénoncer la fermeture de services d'urgences de nuit.

Emeline Gaube